Comprendre le principe de vaccination [difficulté : facile] (1100 mots / ~ 5 mins)

Figure 1 Une cellule immunitaire vue par microscopie électronique (wikipédia)

Pour comprendre sereinement et de manière éclairée le principe de la vaccination, et ainsi éviter les travers de l’anti-vaccinisme, voici une courte et simple présentation des principes sur lesquels repose la vaccination.

La défense immunitaire

L’organisme dispose d’un système de défense, le système immunitaire. Ce système complexe est basé sur la reconnaissance par des cellules spécialisées (cellules immunitaires, comme les lymphocytes) d’éléments étrangers et/ou dangereux dans le corps (comme des bactéries pathogènes ou des cellules cancéreuses). Ces éléments, une fois reconnus par les cellules du système immunitaire, sont pris en chasse et détruits par celles-ci.

La mémoire immunitaire

Le système immunitaire se perfectionne tout au long de la vie : il garde en mémoire ses rencontres passées avec différents agents pathogènes.

En effet, lors d’une première rencontre, chez un jeune enfant par exemple, la production et l’action des cellules immunitaires est relativement lente, et ne permet l’élimination de l’élément étranger qu’en quelques semaines.

Néanmoins, à la rencontre suivante, contre le même agent pathogène, la réponse du système immunitaire sera bien plus fulgurante : le système immunitaire produira plus de cellules immunitaires, et plus vite. Ainsi, l’agent pathogène sera supprimé en quelques jours, et souvent sans même que des symptômes de maladie n’aient le temps d’apparaître.

Cette différence de réponse entre la première exposition et la deuxième exposition à un même agent pathogène est le signe de la mémoire immunitaire : la première exposition a permis de déclencher la fabrication de cellules-mémoire, à longue durée de vie, et capables de reconnaître immédiatement l’agent pathogène à l’origine de leur fabrication. Ces cellules-mémoire, déjà présentes et nombreuses lors de la deuxième exposition, permettent une réaction beaucoup plus efficace.

La vaccination

La vaccination consiste à provoquer une réaction immunitaire de l’organisme contre un agent pathogène, mais sans que la pathologie se développe.

Pour cela, on injecte à la personne vaccinée un agent immunogène. Cet agent présente les mêmes signes caractéristiques que l’agent pathogène, mais n’est lui-même pas pathogène : il ne déclenchera pas la maladie. Quelle que soit sa forme, l’agent immunogène, comme son nom l’indique, ne fait que provoquer une réaction immunitaire (« qui crée l’immunité »). Il n’est pas pathogène (« qui crée la maladie »).

La vaccination sert donc à remplacer la première exposition, en permettant au système immunitaire de devenir plus fort, sans courir les risques liés à la maladie.

Certains vaccins nécessitent plusieurs injections rapprochées, afin d’optimiser la protection ainsi créée face à cette première exposition artificielle.

La vaccination et la mémoire immunitaire

Lors de la vaccination, le système immunitaire développe une réponse de première exposition à un agent pathogène, sans courir le risque réel de l’exposition à ce pathogène. Des cellules-mémoires sont créées contre ce pathogène, sans que le corps soit véritablement exposé au pathogène comme lors d’une première exposition naturelle.

Les cellules-mémoire peuvent avoir des durées de vie différentes, souvent très longues, ce qui explique que pour maintenir notre immunité à un niveau élevé, il ne suffise parfois que de pratiquer des rappels tous les 10 ans. Certaines cellules immunitaires vivent bien plus longtemps, mais leur nombre décroit avec le temps. Il faut donc en produire à nouveau.

Les adjuvants

En plus de l’injection en plusieurs fois, qui permet d’amplifier la force de la réponse immunitaire provoquée et donc de la protection apportée, les agents immunogènes sont accompagnés d’adjuvants. Le but de ces adjuvants est également de renforcer la force de la réponse immunitaire.

Cet appoint se fait par la sollicitation accrue de la toute première ligne de défense immunitaire qu’on appelle l’immunité innée. Les signes visibles de la mise en branle de cette première ligne de défense au niveau de la lésion sont au nombre de quatre : douleur, chaleur, rougeur, gonflement. C’est la réponse inflammatoire.

La réponse inflammatoire est le signe que cette première ligne de défense a été activée : les cellules immunitaires présentes sur les lieux immédiats de la lésion (ici la piqure d’une seringue), ont immédiatement déclenché une cascade de signaux de défense et de contre-attaque qui ont provoqué localement la dilatation des vaisseaux sanguins proches. Cette dilatation permet l’afflux sur place d’un plus gros volume sanguin, et donc de cellules immunitaires qui patrouillent en permanence dans le sang. De façon mécanique, cet afflux de volume provoque la rougeur (le sang est rouge), la chaleur (le sang est chaud), le gonflement (le volume de sang augmente) et la douleur (provoquée par l’augmentation de volume).

Cette réponse inflammatoire, dans la myriade de signaux qu’elle provoque, amplifie la force de la réaction immunogène et de la protection à venir.

Beaucoup des mythes circulent sur des dangers allégués de la vaccination, et en particulier des adjuvants. A ce titre, je vous invite à vous documenter de manière objective, et à ne pas alimenter les peurs infondées. La peur fait des morts, la connaissance nous en préserve.

Conclusion

Au bout du compte, l’individu dispose d’une protection immunitaire, sans avoir été exposé aux agents pathogènes contre les quels il acquiert cette protection. C’est un bénéfice certain, qui a permis de quasiment faire disparaitre, voire d’éradiquer les maladies infectieuses qui étaient la première cause de mortalité au XIXe siècle dans les pays industrialisés.

De fait, de nos jours les premières causes de mortalité dans ces mêmes pays sont les maladies cardio-vasculaires.

Cet état de fait est un luxe : c’est parce que nous maintenons notre veille et notre protection immunitaire permanentes que nous ne connaissons plus les fléaux infectieux et que nous luttons désormais contre d’autres types de maladies. Le relâchement de cette veille et de cette protection est souvent marqué par l’explosion d’épidémies locales dans des cercles de personnes non vaccinées.

Un jour, la science nous émancipera des maladies cardio-vasculaires, et nous aurons alors le luxe encore supérieur de nous heurter à un nouveau problème. Là encore, il ne faudra pas relâcher les efforts de veille et de protection contre des maladies « du passé ». Car leur menace sera, à la faveur du tout relâchement, toujours présente.

Too Long ; Didn’t Read…

  • La vaccination repose sur les mécanismes naturels de la défense immunitaire
  • La vaccination mime artificiellement une première exposition naturelle pour déclencher la protection immunitaire, mais sans présenter le risque pathogène d’une première exposition naturelle
  • Les adjuvants servent à rendre la protection plus efficace, toujours en sollicitant les mécanismes naturels de la défense immunitaire
  • De nombreux mythes infondés sont colportés sur internet et dans les médias à propos de la dangerosité de la vaccination, ces allégations sont au mieux fantaisistes, au pire criminelles
  • La vaccination a permis la disparition quasi-totale des menaces infectieuses dans les pays industrialisés, et son maintien empêche leur retour
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