[Trad] Pourquoi les climato-sceptiques ont tort

Article posté sur Scientific American par Michael Shermer le 1er décembre 2015.

Dans l’histoire de toute théorie scientifique, seule une minorité de scientifiques, voire même juste un seul- à supporté cette théorie, avant que les preuves ne s’accumulent au point que l’acceptation devienne générale. Le modèle copernicien, la théorie des germes, le principe de la vaccination, la théorie de l’évolution, la tectonique des plaques et la théorie du big bang étaient toutes des idées hérétiques à un moment donné, qui sont devenues des consensus scientifiques. Comment cela s’est-il produit ?

Une réponse peut être apportée par ce qu’un philosophe des sciences du 19e siècle, William Whewell, appelait « la consilience des inductions ». Pour qu’une théorie soit acceptée, Whewell précisait qu’elle doit être basée sur plus d’une seule induction, soit une unique généralisation tirée de faits spécifiques. Elle doit avoir plusieurs inductions convergentes les unes vers les autres, indépendamment, mais en conjonction. « Par conséquent les cas où les inductions de groupes de faits différents ont ainsi sauté ensemble » [Ndt : sur la consilience de Whewell et sa définition], écrit-il dans son livre The Philosophy of the Inductive Sciences, en 1840, « appartiennent seulement aux théories les mieux établies que comporte l’histoire des sciences ». Appelez ça une « convergence des preuves ».

Le consensus scientifique est une expression souvent entendue de nos jours à propos du RCA (Réchauffement Climatique Anthropique). Y-a-t-il un consensus sur le RCA ? Oui. Les dizaines de milliers de scientifiques qui appartiennent à l’American Association for the Advancement of Science, l’American Chemical Society, l’American Geophysical Union, l’American Medical Association, l’American Meteorological Society, l’American Physical Society, la Geological Society of America, la U.S. National Academy of Sciences, et, plus notablement, l’Intergovernmental Panel on Climate Change, valident tous le RCA comme un fait réel. Pourquoi ?

C’est n’est pas à cause du nombre absolu de scientifiques. Après tout, la science ne se fait pas par sondages. Comme Albert Einstein l’a dit en réponse à un livre de 1931 sceptique sur la théorie de la relativité et intitulé 100 Auteurs contre Einstein : « Pourquoi 100 ? Si j’avais tort, un seul aurait été suffisant ». La réponse est qu’il y a convergence de preuves émanant de multiples disciplines scientifiques –pollen, cernes de croissance des arbres, carottes de glace, fonte des calottes glaciaires et polaires, élévation du niveau des océans, changements écologiques, augmentation du CO2, élévation sans précédant des températures- qui toutes convergent vers une conclusion singulière. Ceux qui doutent du RCA pointent occasionnellement une anomalie dans un jeu de données particulier, comme si un seul défaut mettait à bas la totalité des preuves. Mais ce n’est pas ainsi que la consilience scientifique fonctionne. Pour que les climato-sceptiques mettent à bas le consensus, ils devraient trouver des aberrations dans tous les groupes de preuves et présenter des preuves tangibles et convergentes en faveur d’une théorie différente expliquant les données. (Les créationnistes ont le même problème pour mettre à bas la théorie de l’évolution). Mais cela, ils ne l’ont pas fait.

En 2013, une étude publiée dans Environmental Research Letters par les chercheurs australiens John Cook, Dana Nuccitelli et leurs collègues, a étudié 11 944 abstracts [Ndt : la synthèse condensée d’un article scientifique précédant son introduction] d’articles scientifiques sur le climat publiés entre 1991 et 2011 [Ndt : explication de cette étude]. Sur les papiers qui déclaraient une position sur le RCA, 97% concluaient à l’existence du réchauffement climatique et à son origine anthropique. Qu’en était-il des 3% restant ? Et si jamais ils avaient raison ? En 2015, un article publié dans Theorical and Applied Climatology par Rasmus Benestad du Norwegian Meteorological Institute, Nuccitelli et leurs collègues, a examiné les 3% et a trouvé « quantité de défauts méthodologiques et une mosaïque d’erreurs communes ». C’est-à-dire qu’au lieu de 3% de papiers convergeant vers une meilleure explication que celle proposée par les 97%, ces 3% ont échoué à converger vers quoi que ce soit.

« Il n’y a pas de théorie alternative cohérente et tangible au réchauffement climatique anthropique », conclut Nuccitelli dans un commentaire au Guardian le 25 août 2015. « Certains blâment le soleil, d’autres les cycles orbitaux d’autres planètes, d’autres les cycles océaniques, etc.. Il y à un consensus de 97% des experts sur une théorie cohérente supportée de manière écrasante par les preuves scientifiques, mais les 2-3% des papiers rejetant ce consensus sont tous à côté de la plaque, et se contredisent même les uns les autres. La seule chose qu’ils semblent avoir en commun sont leurs défauts méthodologiques comme le cherry picking [Ndt : explication du cherry picking], l’ajustement des courbes, l’ignorance des données contradictoires, et le rejet de la physique élémentaire. Par exemple, l’un de ces papiers attribuait le changement climatique aux cycles lunaires ou solaires, mais pour que ses modèles soient fonctionnels dans la période de 4 000 ans que les auteurs étudiaient, il fallait qu’ils passent à la trappe 6 000 ans de données utiles antérieures.

De telles pratiques sont trompeuses et échouent à faire avancer la climatologie quand elles sont passées au crible sceptique, élément fondamental du processus scientifique.

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14 commentaires sur “[Trad] Pourquoi les climato-sceptiques ont tort

  1. A propos du consensus des 97% de Cook.
    http://richardtol.blogspot.co.uk/2015/03/now-almost-two-years-old-john-cooks-97.html

    En ce qui concerne le cherry picking, l’auteur devrait s’intéresser à la fameuse courbe en crosse de hockey de Michael Mann pour voir comment son auteur sélectionnait ses proxys. Cette courbe, qui était la grande vedette du rapport du GIEC de 2001 à disparu des rapports suivants après qu’elle ait été démontée par McKitrick et McIntyre.

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    • Richard Tol, économiste (…), un des climatosceptiques plebiscité par le parti républicain US et quelques industriels en passant, qui n’a pas hésité à faire de la pub pour plus de réchauffement car il y aurait du pognon à faire dessus? En perte de vitesse depuis quelques temps… http://blog.hotwhopper.com/2015/03/the-evolution-of-97-conspiracy-theory.html

      Concernant la fameuse courbe en crosse, vous changez un peu (!) la fin de l’histoire: les deux rapports suivant IPCC 2007 et IPCC 2014, ont maintenu une évolution très proche, avec beaucoup plus de données diverses et convergentes. Mann et Al. 2008 IPCC, Kaufmann et Al. 2009, Ljungqvist et al. 2012, Marcotte et al. 2013, et un gros ETC. Mettez-vous à la page svp.

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      • Extrait de « Paroles de grands chercheurs sur le réchauffement climatique  » URL: http://www.pensee-unique.fr/paroles.html

        « Il est coutumier de lire dans la presse ou d’entendre répéter dans les médias que les quelques « rares » chercheurs (NDLR : Ils sont quand même plusieurs milliers répertoriés (voir un exemple, ici, ( liste dans la colonne de gauche) ou encore ici, une pétition auprès du gouvernement canadien) qui contestent que l’effet de serre provoqué par l’homme soit le responsable du réchauffement climatique, sont de simples déviants, incompétents, mal informés voire financés par les lobbies pétroliers comme EXXON Mobil…ou encore des « flat-earthers » (comme disent les américains : ceux qui croient encore que la terre est plate !) et même, des négationnistes comme ceux qui nient l’existence de la Shoah. Mais où en sommes nous arrivés ?

        J’ouvre cette rubrique pour équilibrer le débat et vous montrer qu’il n’en est rien et que de grands experts en climatologie ou dans les sciences fondamentales de l’espace ou de la terre, se donnent beaucoup de mal pour faire entendre un tout autre discours que celui qui est propagé par le GIEC, les écologistes, relayé par la grande presse et les politiques en mal de popularité. Jusqu’au Vice-Président du GIEC, lui-même, qui n’est pas d’accord avec la Pensée Unique ! Comme vous allez le voir, les quelques contestataires que je cite ne sont pas débutants. Au contraire, ce sont tous des spécialistes chevronnés. Et ils ne mâchent pas leurs mots pour dire ce qu’ils pensent du GIEC et de ses conclusions …

        En voici la liste qui s’allonge, jour après jour : Garth Paltridge, Pierre Darriulat, Marc Fontecave, Lennard Bengtsson, Hans Von Storch, CarterII, ChristyII, LovelockII, NASA, Fritz Vahrenholt, Istvan Marko, Henri Masson, Chercheurs du GIEC, Judy Curry (III), Ivar Giaever (II), Richard Lindzen (II), Mike Hulme II, Judith Curry I et II, William Nierenberg, Ian Giaever, Robert Jastrow, Hal Lewis, Pierre Morel, James Lovelock, Pierre-Gilles de Gennes, IOP; Andrew Lacis, Petr Chylek, Mike Hulme, Vincent Courtillot, Mojib Latif, Jan Veizer, Rapport JSER, John Theon, Roger Pielke Sr, Frank Tipler, William Happer, Ian Plimer, William R. Cotton, Harrison Schmitt, Cliff Ollier, Roy Spencer, Yury Izrael, Khabibullo Abdoussamatov, Richard Lindzen, Marcel Leroux, Bill Gray, Paul Reiter, Frederick Seitz, Vincent Gray, Antonio Zichichi, Augie Auer, Michael Griffin, Robert Carter, Reid Bryson, Nils-Axel Mörner, Tom V. Segalstad, Madhav L. Khandekar, Al Pekarek, Tim Patterson, Freeman Dyson, Tim Ball, John Coleman, Daniel Botkin, David Douglass, John Christy, Fred Singer, Syun Akasofu, Rosa Compagnucci, Juan Minetti, Eduardo Toni, Oleg Sorokhtin, Jose Joaquim Delgado Domingos, Hendrik Tennekes, Art Douglas; Howard C. Hayden, Don J. Easterbrook, Kunihiko Takeda, Garth Paltrdige, Stan Goldenberg, Arun D. Ahluwalia, Roger W. Cohen… Tous des scientifiques tout-à-fait qualifiés pour parler du fameux « réchauffement climatique ». Et ce ne sont pas les seuls. N’oubliez pas les quelques 9000 et quelques docteurs ès sciences qui ont signé la pétition ici. Et les plus de 400 spécialistes, dont on peut trouver la liste ici et qui s’étaient exprimés rien qu’en 2007.. »

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  2. Il faudrait pour commencer que le GIEC ne soit pas politique et soit exclusivement scientifique pour être crédible d’un point de vue scientifique. Il faudrait que ses torchons qu’il nomme rapports ne soient pas remplis de contradictions et qu’il justifie pourquoi il écarte systématiquement et sans justification aucune tout ( qui est pourtant reprises dans leurs propres rapports) ce qui ne va pas dans le sens de ses hasardeuses conclusions. Ceci n’est que le préliminaire d’une quantité très grande d’arguments qui démontrent que le GIEC ne fait en aucun cas de la science mais bien de la pseudo-science. Savez vous que la crosse de hockey, même le GIEC n’en parle plus et ce parce qu’il a bien du reconnaitre que ce graphe était faux. Je ne reviens pas sur vos arguments qui sont faux vraisemblablement par manque d’information sur ce qu’est la climatologie, la science, l’épistémologie et le contenu des rapports du GIEC.

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    • En science, mon cher, le consensus a toute sa place, ne vous en déplaise.
      Même remarque que pour le précédent (philippe) paragraphe 2, et pitié pas de baragouin sur vos grandes qualités d’épistémologue cette fois, ou alors juste un peu pour rire, mais vite du grain.

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      • Où voyez-vous que je parle, dans ma précédente intervention, de consensus? Mais vous avez raison de vouloir me corriger car il est évident que le consensus n’a rien de scientifique et n’est que purement politique. Au surplus le consensus que proclame le GIEC n’existe pas, des dizaines de scientifiques (publiés dans des revues scientifiques) contestent le changement climatique anthropique. Pensez par vous-même plutôt que d’écouter et de croire aveuglément la propagande politique du GIEC et des groupes de pression annonciateurs d’apocalypse. Non, ceux qui ne pensent pas comme vous ne sont pas des illuminés ni, d’ailleurs, des vendus à des satans avides d’argent (Et ce même si Green Peace produit des documents falsifiés pour prétendre le contraire – Documents, rapportés, sans aucune vérification, par la presse grand public avide de scoops sulfureux).

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  3. Voici quelques citation intéressantes reprises sur le très sérieux site: http://www.pensee-unique.fr/
    déontologie des chercheurs scientifiques telle qu’elle est rédigée par l’Académie des Sciences (Américaine) :
    Etre un scientifique : une attitude responsable vis à vis de la recherche:

    “La faillibilité des méthodes nous rappelle, et cela est précieux, l’importance du scepticisme en matière de science. Les connaissances et les méthodes scientifiques, anciennes ou nouvelles, doivent être continuellement observées en vue d’erreurs éventuelles. Un tel scepticisme peut se trouver en conflit avec d’autres points importants de la science comme le besoin de créativité et de conviction en défense d’une position donnée. Toutefois, le scepticisme organisé et précis, autant qu’une ouverture à de nouvelles idées, sont essentiels comme garde-fous contre l’intrusion des dogmes ou des partis pris collectifs dans les résultats scientifiques.”

    Michel de Montaigne (1533-1592) écrivait dans ses essais que :
    « L’impression de certitude est un témoignage certain de folie et d’incertitude extrême. »

    Ou encore, je fais mienne cette citation de Claude Bernard :
    « Si l’on considérait une théorie comme parfaite, et si on cessait de la vérifier par l’expérience scientifique, elle deviendrait une doctrine ».
    Ainsi que celle-ci de Thomas H. Huxley :
    « Celui qui fait progresser les sciences de la nature refuse absolument de se plier à l’autorité, en tant que telle. Pour lui, le scepticisme est le premier devoir : La foi aveugle est le principal péché impardonnable »…D’où le titre des pages de ce site.

    Lequel aurait aussi pû provenir de cette maxime de Denis Diderot (Pensées Philosophiques)
    « Le scepticisme est le premier pas vers la vérité »

    Ou encore de celle d’André Gide (1869-1951): “Croyez ceux qui cherchent la vérité. Doutez de ceux qui la trouvent. »

    Et celle du génial pédagogue et physicien Nobelisé, Richard Feynman: « La Science c’est la croyance dans l’ignorance des experts » (Discours à l’Association Nationale US des Enseignants en science). Richard Feyman avait également fait la déclaration suivante qui devrait résonner au coeur des scientifiques authentiques :

    « Quand un scientifique ne connaît pas la réponse à un problème, il est ignorant. Quand il a une intuition de ce que peut être le résultat, il est incertain.Et quand il est sacrément sûr de ce que va être le résultat, il a encore quand même quelque doute. Nous avons découvert qu’il est d’une importance capitale que dans le but de progresser, nous devons reconnaître notre ignorance et laisser la place au doute. La connaissance scientifique est constituée d’une masse d’affirmations possédant divers degrés de certitude – certaines sont plutôt incertaines, d’autres sont presque sures, mais aucune n’est absolument certaine.  » « The Value of Science, » discours à la National Academy of Sciences (Automne 1955)

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  4. Je ne peux m’empocher de vous transmettre la conclusion du texte de Philippe Boulanger intitulé « La pernicieuse recherche des causes »- URL: http://www.scilogs.fr/l-enervement-me-gagne/pernicieuse-recherche-causes/

    « Pourquoi sommes-nous si cartésien, si soucieux de tout expliquer rationnellement par une cause unique ? Parce que nous voulons agir en parfaite connaissance de cause ! La climatologie pose actuellement ce type de problème : le réchauffement de la planète est-il dû à nos émanations de gaz carbonique et autre gaz à effet de serre, ou simplement à des fluctuations plus ou moins chaotiques ? Subsidiairement, pouvons-nous poser la question sans être frappés d’anathème ? »

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  5. Réponse d’un criminel du climat URL: http://www.skyfall.fr/?p=2041

    Le Figaro a publié la semaine dernière cet article sur les affiches des « criminels du climat » placardés dans Paris. La parole n’y est donnée qu’à Avaaz, la fine organisation environnementaliste à l’origine de cette charmante plaisanterie, j’ai donc suggéré à Chris Horner, l’un des « accusés », de tenter d’exercer une sorte de droit de réponse. Le Figaro n’ayant pas donné suite au texte proposé par Chris Horner, le voici ci-dessous, traduit par mes soins. B. R.

    par Chris Horner.

    Dans ma jeunesse, j’ai passé bien des jours à me promener dans Paris lorsque mon père y vivait. En retournant cette semaine sur les lieux de mon enfance, j’ai vu plusieurs affiches à mon effigie, avec le mot « WANTED » écrit en gros caractères, ainsi que mon nom et un chef d’accusation.

    Ces affiches, il y en a dans toute la ville pour m’accuser, ainsi que six autres personnes. Nous sommes, paraît-il, des « criminels du climat ». Notre crime ? Avoir un avis et tenir des propos insupportables pour l’industrie du réchauffement climatique.

    Comme des dizaines de milliers de personnes, je suis venu assister à la conférence Paris Climat 2015 (COP21), dans l’intention d’en rapporter les développements et les possibles implications. Pourquoi est-ce si scandaleux ? Tout simplement parce que, nous autres « criminels », montrons que la pauvreté énergétique tue aujourd’hui des dizaines de milliers de personnes parmi les plus vulnérables en Europe à mesure que les politiques climatiques se mettent en place. C’est, bien sûr, le dénouement logique de politiques que le président américain Barack Obama a explicitement mis en place à la suite de l’Europe, et dont il se flattait qu’elles conduirait le prix de l’électricité à « nécessairement grimper en flèche ».

    En plus d’être cruel, ce résultat était aussi inévitable que prévisible. C’est pour nous un devoir que de dénoncer ces politiques du « tout effort, sans effet » (« all pain, no gain »), de dire tout haut ce que tout le monde sait : aucune de ces coûteuses initiatives n’aura d’impact mesurable sur le climat. Nous voulons rétablir les faits contre la rhétorique qui exagère l’activité cyclonique, les variations de températures ou encore l’élévation du niveau marin, aucune de toutes ces alarmes n’étant validées par les observations — sans parler du prétendu « consensus scientifique à 97% ».

    Nous sommes des « criminels » car nous remarquons que les ours polaires étaient environ 5 000 dans les années soixante et environ 25 000 aujourd’hui. Cette progression n’est pas, bien sûr, une justification à leur massacre, mais un argument pour regarder les choses plus calmement, sans cette surexcitation de tant d’acteurs officiels de la COP21.

    Dire cela, semble-t-il, dérange certains.

    À cause de nos péchés — pardon, de nos crimes —, les activistes ont choisi de nous livrer à la vindicte publique. Bien sûr, il ne s’agit « que » d’intimidation. Nul activiste un peu trop excité ne suivra jamais ce genre d’appel à la lettre, n’est-ce pas ?

    Un tel acte en dit davantage sur ceux qui le commettent que sur ceux qu’il vise. Dans la même veine, rappelons ce spot d’il y a quelques années où l’on voyait une institutrice faire exploser la tête de deux élèves qui osaient ne pas adhérer au dogme. Leurs camarades se retrouvaient aspergés de sang et de chair humaine. C’était tout à fait charmant.

    On se demande tout de même comment croire que de telles actions profiteront à la cause qu’elles prétendent défendre. Leur seul résultat pourrait être d’évacuer tout débat de la sphère publique, avant peut-être de réussir à l’interdire pour de bon.

    Ce mouvement a une longue tradition d’intolérance, qui ne pourrait avoir cours dans un débat politique ouvert. Il est clair que tout cela a de fort relents autoritaires.

    J’ai décrit tout cela dans un livre de 2009, « Red Hot lies », qui détaillait la litanie des affirmations des militants du climat, désireux de criminaliser la dissidence et de la punir. J’y donnai de nombreux exemples. Je peux vous dire qu’il a fallu en enlever pas mal pour satisfaire aux exigences de mon éditeur sur la taille du livre… L’accueil réservé à ce livre révéla que j’avais déjà reçu, à l’époque, le Grand Prix du Pire Criminel Climatique. Ce à quoi j’eus droit fut tout à fait en ligne avec cette incroyable réaction d’intolérance en direct à la télévision de François Gemenne qui, incapable de se contrôler, s’indignait récemment que l’on donnât la parole à Serge Galam, physicien, directeur de recherches au CNRS, qui a le grand tort de questionner l’alarmisme climatique sur des bases scientifiques.

    La marque distinctive de l’alarmisme climatique est qu’il souhaite interdire toute discussion. « Le débat est terminé » (en quel honneur ?), « la science a parlé » (un article ? un sondage ? une affiche « Wanted » contre les dissidents ?). Les propos non conformes sont interdits.

    Il n’est même pas nécessaire de qualifier les auteurs de ces affiches, qui ont su si bien se tirer une balle dans le pied. En revanche, il est utile que le public prenne bonne note de ce qui se joue.

    Chris Horner est senior fellow au Competitive Enterprise Institute (Washington D.C.).

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    • ceci valide notre position en effet le consensus que revendique le giec, n’est pas un argument puisque vous admettez qu’un seul peut avoir raison. Ce qui est parfaitement correcte car la science n’est pas la démocratie. Ce sont les confirmation des théories par les observations qui valident la science. Ce qui n’est absolument pas les cas pour les théories réchauffistes.

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      • Je crains que vous ayez mécompris le propos du billet ; relisez le, consultez les références. Le poids du consensus y est justifié, et on décrit pourquoi il ne faut pas de propos d’un seul, mais tout un corpus solide, pour espérer l’ébranler. Or, les revues de la littérature montrent qu’un tel corpus opposé au RCA n’existe pas.

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