Vaccins : un scandale français ? Le dossier rougeole. [Difficulté : moyenne] (2000 mots – 12 mins)

le-nabot

Too Long ; Won’t Read …

  • Les populations qui bénéficient le mieux et depuis le plus longtemps de la vaccination sont celles qui s’en méfient le plus
  • La vaccination est très efficace
  • La vaccination est extrêmement sûre
  • La vaccination permet de sauver des millions de vies chaque année
  • Le rôle des communautés non vaccinées est moteur dans les flambées épidémiques actuelles empêchant l’élimination des certaines maladies comme la rougeole

Il y a quelques jours a été publiée une étude dans le journal EBioMedecine à propos de la vaccination. Cette étude portait sur la perception de la vaccination, en termes d’efficacité, de sécurité, et de compatibilité avec les croyances religieuses des personnes interrogées, auprès d’un large public de répartition mondiale (plus de 65 000 personnes dans 67 pays). [1]

Les résultats de cette étude sont extrêmement instructifs. Et édifiants.

Il est possible de les résumer ainsi :

  • Globalement, la confiance dans les vaccins est positive
  • Il y a néanmoins une forte variabilité selon les pays et les régions du monde
  • Le Bangladesh, l’Iran et l’Équateur présentent le plus haut niveau de confiance dans l’importance de la vaccination
  • 7 pays sur 10 parmi ceux ayant la plus faible confiance dans la vaccination sont européens
  • Les pays avec le plus haut niveau d’éducation et de bons accès aux soins sont aussi ceux ayant le plus faible taux de confiance dans la vaccination
  • La France est le pays du monde ayant la perception de la vaccination la plus négative, avec 41% de sondés en désaccord avec la proposition « les vaccins sont sûrs » (contre 13% au niveau mondial)

Cette étude, la plus large jamais réalisée en ce sens, met en avant de manière criante la défiance des populations occidentales, en particulier d’Europe de l’Ouest et de la France, à l’égard de la vaccination. Cette défiance est d’autant plus surprenante que ce sont globalement les populations qui ont le plus rapidement et le plus efficacement bénéficié de la vaccination dans l’histoire des avancées médicales.

Enfin, elle est surprenante par le fait qu’elle est largement infondée. En effet, la vaccination est une pratique médicale préventive à la fois sûre et efficace.

[1]
Plus c’est rouge gore, plus c’est opposé aux vaccins [1]

Je vais rapidement explorer cela dans ce billet, au travers de l’exemple de la rougeole et de sa vaccination. Les conclusions tirées valent pour la vaccination en général, et la rougeole n’est prise que comme cas emblématique, actuel, facilement compréhensible, et qui parlera au lectorat essentiellement français ou natif de la francophonie de ce blog.

La rougeole, une maladie grave

La rougeole est une infection aux conséquences potentiellement graves, mais également extrêmement contagieuse. La menace qu’elle représente et fait donc peser sur les sociétés est importante. Il s’agit d’une infection sévère qui, une fois acquise, ne peut être traitée directement avec des antiviraux, de sorte qu’il n’est possible chez les personnes malheureusement infectées que de soigner leurs symptômes, comme les fortes fièvres, jusqu’à ce que la maladie passe. Les complications arrivent dans 30% des cas, ce qui est très élevé, allant de graves déshydratations diarrhéiques aux infections respiratoires sévères, l’encéphalite et même la cécité chez les enfants des pays pauvres. [2]

L’introduction vaccinale : vers l’élimination de la rougeole

Le vaccin contre la rougeole a été largement introduit dans les années 80 (il existait déjà avant). [26] Dès ce moment, la maladie a très fortement reculé.

De manière globale, le meilleur indicateur de l’efficacité de l’introduction vaccinale est le taux d’incidence, qui permet de constater la chute et la réduction drastique de la circulation des agents infectieux concernés par la vaccination dans la population vaccinée. A contrario, le taux de mortalité est impacté par d’autres facteurs, comme l’amélioration des soins hospitaliers. Par ailleurs, les victimes des épidémies n’en meurent pas nécessairement, et quelles que soient leurs séquelles, elles n’en sont pas moins des victimes. Cet indicateur est dès lors très partiel et ne rend compte que d’une partie réduite de l’efficacité vaccinale. La rougeole étant toutefois extrêmement contagieuse et présentant un taux élevé de complications dramatiques, l’effet de l’introduction vaccinale antirougeoleuse est visible de manière patente sur le taux de mortalité. En effet, avant les années 80, la rougeole prélevait 2,6 millions de vies chaque année dans le monde. Au fur et à mesure de l’augmentation de la couverture vaccinale dans le monde entier, ce chiffre est tombé à 114 900 décès en 2014. De 2000 à 2014, le nombre de décès causés par la rougeole dans le monde a chuté de 79% alors que dans le même temps la couverture vaccinale des enfants de un an pour une dose vaccinale passait de 73 à 85% (pour espérer la totale élimination, la vaccination doit se faire en deux doses avec une couverture respective de 95 et 80%). [3]

Durant ces seules 14 années, le vaccin antirougeoleux a sauvé plus de 17 millions de vies. Et on ne parle là que de mortalité. Le nombre de malades graves, d’hospitalisations et de séquelles à long terme évités est encore plus énorme, ainsi que l’impact social et économique. [3]

La rougeole a été éliminée des USA très précocement, et presque entièrement de tout le continent américain.  Elle est également extrêmement réduite en Europe, où l’élimination semble vraiment proche. [4]

1-r54fbvo0iuej5zan4ku6ea
L’incidence de la rougeole aux States (ouai j’suis un d’jeune, j’dis « les States ») de 1912 à 2001 : on voit clairement la persistance de la maladie dans la population, avant son élimination brutale avec l’introduction vaccinale. [4]

On voit ainsi de manière impressionnante l’efficacité de la vaccination de manière globale, mais également de manière locale, à chaque fois que le front de vaccination gagne du terrain et que celle-ci est introduite dans une nouvelle zone auparavant non couverte. [5][6]

Paradoxalement, cette quasi-disparition a rendu la maladie parfaitement étrangère pour ces populations occidentales qui ne sont donc plus vraiment familières avec ses dangers pourtant bien réels.

La sécurité très élevée du vaccin

On l’a vu plus haut, la défiance vient de manière plus prononcée de la sécurité que de l’efficacité de la vaccination. [1] C’est à nouveau tout à fait paradoxal, puisque cette sécurité est extrêmement élevée.

Comme tout médicament, les vaccins comportent de potentiels effets secondaires. Mais ceux-ci sont extrêmement faibles en termes de fréquence et de sévérité, si bien que le ROR (vaccin Rougeole – Oreillons – Rubéole) témoigne d’une très bonne sûreté. [7][8][9][10] En fait, les risques associés à la maladie pour laquelle on se fait vacciner sont extrêmement élevés par rapport à ceux associés au vaccin. La plupart du temps, il ne s’agit que de démangeaisons et fièvres peu importantes.

Depuis l’introduction du ROR, le vaccin qui contient la valence pour la rougeole, ce sont environ 575 millions de doses qui ont été administrées. [10] Ces chiffres sont absolument énormes et nous permettent d’avoir un excellent suivi des risques secondaires associés. C’est ce qui nous permet d’être aussi catégoriques sur la balance bénéfices-risques de la vaccination. Les risques associés, bénins ou rarissimes ne font pas le poids face aux millions de vies sauvées et de séquelles graves évitées.

Les craintes concernant le vaccin ROR ont largement été attisées en 1998 par la publication d’une étude frauduleuse et éthiquement scandaleuse par un médecin anglais. Cette étude qui, depuis, a été de nombreuses fois invalidée (et son auteur radié de l’ordre des médecins pour ses très graves fautes professionnelles à cette occasion) a lancé le mythe d’un lien entre autisme et vaccination. [11][12] Non seulement aucune étude sérieuse n’a jamais montré un tel lien (pourtant de multiples études impliquant des masses colossales de données ont directement cherché à détecter ce lien hypothétique), mais en plus, l’étude à la base de ce mythe était complètement et intentionnellement bidonnée afin de monter une arnaque financière. [13][14][15][16][17][18][19][20]

Les conséquences de cette étude frauduleuse ont été dramatiques.

L’impact de la non-vaccination

En effet, dans les mois qui ont suivi la médiatisation de cette étude, la couverture vaccinale au Royaume Unis a fortement baissé, et s’en sont suivies de multiples flambées épidémiques. La responsabilité des médias est ici dramatique, comme trop souvent en matière de science et de santé publique.

De fait, si l’impact bénéfique de la vaccination contre la rougeole est extrêmement positif et visible à l’échelle globale aussi bien que locale, l’impact de la non-vaccination est de même patent. Depuis le début des années 2000, les flambées épidémiques en Europe émergent de manière systématique dans des communautés non vaccinées. Cela concerne souvent des communautés religieuses refusant la vaccination, comme des écoles confessionnelles. [21][22] Globalement, les pics épidémiques se situent dans les régions à plus faible couverture vaccinale.

On sait donc parfaitement que les communautés refusant la vaccination sont les lieux de départ extrêmement localisés des épidémies, mais qu’ils fournissent l’amorce nécessaire à l’émergence de flambées régionales là où la couverture vaccinale est insuffisante. La responsabilité des communautés refusant intentionnellement la vaccination, pourtant aisément disponible, extrêmement efficace et sûre, est évidente.

L’exemple de l’épidémie de 2008

En 2006 et 2007 en France, seuls 40 et 44 cas de rougeoles étaient détectés. Le niveau d’incidence atteint était alors en dessous du niveau d’élimination visé par l’OMS. Hélas, la couverture vaccinale est alors très inégale entre les régions, le sud de la France étant globalement très en dessous des seuils optimaux de vaccination. [23]

12-1360-f1
La couverture vaccinale antirougeoleuse en France durant l’épidémie de 2008-2011 : plus c’est jaune, moins c’est vacciné ; plus c’est bleu, plus c’est vacciné. [23]

En 2008 a éclaté une épidémie qui allait durer notablement jusqu’en 2011, avec plus de 22 000 cas déclarés en trois vagues, dont 14 949 pour la seule année 2011. Lors de la troisième vague, la plus violente, l’incidence de la rougeole était alors 25,6 cas / 100 000 habitants, avec des pics observés en avril 2010 (659 cas) et mars 2011 (3642 cas).

guest
Les 3 vagues de l’épidémie rougeoleuse de 2008-2011 en France en nombre de cas déclarés (sous évalués). [25]

C’est dans les départements où la couverture vaccinale était la plus faible que l’incidence était la plus élevée. Ainsi lors de la troisième vague épidémique, l’incidence en Rhônes-Alpes, PACA et Languedoc-Roussillon était respectivement de 97,2 ; 53, 9 et 48,3 cas / 100 000 habitants. [23]

12-1360-f4
L’incidence de la rougeole lors de chacune des trois vagues épidémiques par département. Plus c’est bleu foncé, plus il y a de malades. La répartition se superpose à celle du manque de couverture vaccinale. [23]

2582 cas (11,6%) ont fait l’objet de complications, notamment de pneumonies dans 1375 cas (6,2%). Ce sont 4980 personnes qui ont dû être hospitalisées. [23]

Parmi les cas graves, 10 personnes sont décédées. [23]

Le statut vaccinal de 6841 patients a été vérifié. Seuls 20% étaient vaccinés. [23]

De manière globale, lors de cette épidémie qui a frappé l’Europe de l’Ouest (mais principalement la France), plus de 80% des cas impliquaient des personnes non vaccinées. [24] Cette observation est pertinente, car on connait l’impact de la vaccination, et on sait que la persistance de la maladie est rendue possible par l’existence de poches géographiques où la couverture vaccinale est faible voire inexistante. Au niveau local, cela permet le maintien de réservoirs viraux qui favorisent les flambées épidémiques à plus large échelle. L’effet bénéfique de la vaccination est très bien suivi. [34][35] L’inversion statistique consistant à dire « mais XY% des malades étaient vaccinés » ne fait strictement aucun sens.

Et le schéma se répète. Il y a par exemple une épidémie en cours en Roumanie, avec plus de 600 cas recensés, et au moins deux enfants morts et probablement trois (non ce n’est pas un appel à l’émotion, ce sont effectivement des enfants qui sont morts).

Conclusion

Les résultats de l’enquête de Heidi Larson et al. sont assez surprenants. Ils mettent en effet en évidence une grande défiance à l’égard de la vaccination de la part des populations qui en ont pourtant  le plus longtemps, le plus rapidement, et le mieux bénéficié.

Pour autant, l’efficacité et la sécurité de la vaccination sont globalement excellents. La rougeole n’est qu’un exemple parmi d’autres. Il permet de mettre en évidence l’extrême bénéfice d’une telle prévention, qui permet de sauver des millions de vies chaque année, d’éviter des complications graves encore plus nombreuses, tout en étant extrêmement sûr et peu cher, délivrant ainsi les populations immunisées d’un important fardeau social et économique.

En creux de cela, l’impact de la non-vaccination est tout autant visible, et cet impact funeste est précisément quantifiable. La grave responsabilité des promoteurs de cette non-vaccination est à considérer sérieusement.

Épilogue : les personnes qui ont peur de la vaccination sont-elles bêtes ?

Non.

En fait, on connait une batterie de biais cognitifs dont on a des raisons de supposer qu’ils sont en bonne part responsables du refus de se faire vacciner ou de vacciner ses enfants de la part de nombreuses personnes. Et ces biais cognitifs sont communs à tous les humains, y compris les scientifiques et les sceptiques. Il est dès lors important de les connaître et d’en prendre la mesure afin de ne pas en être victime.

L’appel à la nature, -la croyance que ce qui, arbitrairement considéré comme naturel serait bon, et ce qui ne le serait pas serait mauvais- est probablement moteur. Dans ce genre de cas, les vaccins sont arbitrairement considérés comme mauvais car « non naturels ». Ils nuiraient ainsi au système immunitaire contrairement à la maladie, qui elle, au moins, serait considérée « naturelle » et dont l’immunisation serait à préférer. Malheureusement, cela est basé sur une conception arbitraire du monde naturel, naïve, et une ignorance totale des mécanismes immunitaires en jeu. On sait que l’immunisation artificielle est préférable, car elle n’expose pas aux risques très importants de la maladie, permet l’immunité grégaire et donc la protection de ceux qui ne peuvent pas être vaccinés, et ne provoque pas de faiblesse ou de chamboulement du système immunitaire (qui est un mythe complet). [33]

On sait également que la diffusion de mythes erronés est dévastatrice. Ainsi, même après avoir entendu la correction concernant un mythe, beaucoup de personnes auront tendance à privilégier tout de même le mythe à la réalité, même si la fausseté du mythe a été clairement démontrée, à cause de la familiarité acquise avec le mythe. Pire, un acharnement trop insistant à corriger un mythe peut provoquer certaines réactions contraires à l’effet souhaité, en incitant la personne croyant dans le mythe à se persuader de la véracité de celui-ci, l’insistance avec laquelle on cherche à corriger le mythe étant finalement vue comme une preuve de la véracité de celui-ci. On parle de réactance, ou « d’effet  backfire ». [27][28][29]

On peut également parler du biais de corrélation illusoire, probablement à l’origine de nombreuses craintes concernant par exemple le mythe erroné du lien vaccin-autisme. Notre cerveau a en effet tendance à faire des associations intuitives, à chercher des patterns qui donnent du sens au monde qui nous entoure et le rendent compréhensible. L’amélioration des capacités diagnostiques de l’autisme dans les années 80-90 en même temps que la généralisation du vaccin ROR est typiquement le genre de contingence temporelle propice à ce type de biais. La corrélation vaccin-autisme a toujours été réfutée, mais le mythe survit, en partie à cause de ce biais qui n’est pas propre aux personnes refusant la vaccination. [30]

Enfin, on a également mis en évidence la tendance biaisée chez l’Homme à accorder plus d’importance aux risques dans lesquels il aurait pris une responsabilité active, par opposition aux mêmes risques mais provoqués par son inaction. Dans le premier cas, le risque est perçu comme une culpabilité, alors que dans le deuxième cas, il est vu comme une fatalité. Cela a été directement mis en évidence dans le cadre de la vaccination, et explique en partie la tendance observée à accorder plus d’importance aux risques bénins ou rarissimes de l’acte de vacciner qu’aux risques importants et gravissimes de la maladie. [31][32]

Cette liste non exhaustive montre la nécessité d’étudier et d’éduquer sur les raisons qui peuvent pousser au rejet de la vaccination, en dépit des preuves écrasantes de son efficacité et de sa sécurité. Il est important de comprendre ces biais, pour pouvoir les expliquer aux personnes qui en ont besoin. Car aujourd’hui, ce ne sont pas des raisons techniques ou financières qui empêchent l’Europe et la France d’éliminer la rougeole, mais bien le refus d’une partie trop importante de la population pour espérer atteindre les seuils optimaux de couverture vaccinale. Une meilleure information ciblée auprès de ces personnes est dès lors nécessaire, et la responsabilité des pouvoirs publics, des professionnels de santé et de science, et des acteurs de la communication et vulgarisation scientifiques est à considérer.

Dans le même temps, il est important de ne pas occulter la responsabilité des manipulateurs, des idéologues de toutes sortes, des obscurantistes et charlatans, qui, intentionnellement, usent de ces biais (pas besoin de les connaitre pour ça).

La responsabilité des grands médias dans la diffusion des mythes anti-vaccinaux est à interroger tout particulièrement. [36][37]

Sources

[1] H. J. Larson et al., The State of Vaccine Confidence 2016: GLobal Insights Through a 67-Country Survey, EBioMedicine, 2016
[2] WHO, Measles, consulté en septembre 2016
[3] WHO, Measles Key Facts, consulté en septembre 2016
[4] La Théière Cosmique, Les courbes qui révèlent tout sur l’efficacité des vaccins, consulté en septembre 2016
[5] J. D. Clemens et al., Measles Vaccination and Childouh Mortality in Rural Bangladesh, Am. J. of Epidemiology, 1988
[6] J. D. Goldhaber-Fiebert et al., Quantifying Child Mortality Reductions Related to Measles Vaccination, PLOS One, 2010
[7] P. A. Offit et al. Addressing parents’ concerns: do multiple vaccines overwhelm or weaken the infant’s immune system?, Pediatrics, 2002
[8] M. J. Smith et al., On-time vaccine receipt in the first year does not adversely affect neuropsychological outcomes, Pediatrics, 2010
[9] K. R. Stratton et al., Immunization safety review: multiple immunizations and immune dysfunction, National Academies Press, 2002
[10] F. Lievano et al., Measles, mumps, and rubella virus vaccine (M–M–R™ II): A review of 32 years of clinical and postmarketing experience, Vaccine, 2012
[11] B. Deer. Secrets of the MMR scare: How the vaccine crisis was meant to make money, BMJ, 2011
[12] The Editors of The Lancet. Retraction—Ileal-lymphoid-nodular hyperplasia, non-specific colitis, and pervasive developmental disorder in children,The Lancet, 2010
[13] T. Jefferson et al., Unintended Events Following Immunization with MMR: A Systematic Review, Vaccine, 2003
[14] S. K. Parker et al., Thimerosal-Containing Vaccines and Autistic Spectrum Disorder: A Critical Review of Published Original Data, Pediatrics, 2004
[15] K. C. Klein et E. B Diehl, Relationship Between MMR Vaccine and Autisme, Ann. of Pharmacotherapy, 2004
[16] K. Stratton et al., Adverse Effects of Vaccines: Evidence and Causality, National Ac. Press, 2011
[17] V. Demicheli et al., Vaccines for Measles, Mumps and Rubella in Children, Cochrane Database Syst. Rev., 2012
[18] M. A. Maglione et al., Safety of Vaccines Used for Routine Immunization of US Children: A Systematic Review, Pediatrics, 2014
[19] A. Jain et al., Autism Occurrence by MMR Vaccine Status Among Children With Older Sibling With and Without Autism, JAMA, 2015
[20] S. Bharathi et al., Administration of Thimorosal-Containing Vaccines to Infant Rhesus Macaques does not result in Autism-Like Behavior or Neuropathology, PNAS, 2015
[21] M. Muscat, Who Gets Measles in Europe? J. Infect. Dis, 2011
[22] D. Houssin, Rougeole : Mobilisons-nous !, Bulletin épidémiologique hebdomadaire, 2009
[23] D. Antona et al., Measles Elimination Efforts and 2008-2011 Outbreak, France, Emerging Infectious Diseases, 2013
[24] ECDC, Measles Infographic Outbreaks, consulté en septembre 2016
[25] INVS, Cas de rougeole déclarés par mois, France, Janvier 2008 – Décembre 2015, consulté en septembre 2016
[26] WHO, Measles, consulté en septembre 2016
[27] I. Skurnik et al., How warnings about false claims become recommendations, Journal of Consumer Research, 2005
[28] K. Weaver et al., Inferring the popularity of an opinion from its familiarity: A repetitive voice sounds like a chorus, Journal of Personality and Social Psychology, 2007
[29] N. Schwarz et al., Metacognitive experiences and the intricacies of setting people straight: Implications for debiasing and public information campaigns. Advances in Experimental Social Psychology, 2007
[30] D. L. Hamilton et R. K. Gifford Illusory correlation in interpersonal perception:  A cognitive basis of stereotypic judgments, J. Exp. Soc. Psychol., 1976
[31] K. F. Brown  et al., Omission bias and vaccine rejection by parents of healthy children: implications for the influenza A/H1N1 vaccination programme, Vaccine, 2010
[32] A. L. Wroe et al., Understanding and predicting parental decisions about early childhood immunizations, Health Psychol., 2004
[33] P. A. Offit et al. Addressing parents’ concerns: do multiple vaccines overwhelm or weaken the infant’s immune system?, Pediatrics, 2002
[34] P. Carrillo-Santisteve et P. L. Lopalco, Measles still spreads in Europe: whi is responsaible for the failure to vaccinate?,  Clinical Microbiology and Infection, 2012
[35] E. Colzani et al., Impact of measles national vaccination coverage on burden of measles acriss 29 Member States of the European Union and European Economic Area, 2006-2011, Vaccine, 2014
[36] Rougeole – Épidémiologie, Retour sur le reportage de Complément d’enquête « Vaccins, médicaments, médecins : la défiance », consulté en septembre 2016
[37] Rougeole – Épidémiologie, Envoyé spécial parle des vaccins : les multiples erreurs du reportage, consulté en septembre 2016

Un grand merci aux reviewers.

Publicités

23 commentaires sur “Vaccins : un scandale français ? Le dossier rougeole. [Difficulté : moyenne] (2000 mots – 12 mins)

  1. A t’on un historique de l’évolution de cette perception négative des vaccins en France ? J’ai tendance à pensez que le point de départ de ce manque de confiance de masse (ne parlons pas ici des noyaux durs anti-vacciniste) est la mauvaise gestion médiatique du H1N1, mais je peux me tromper et ça serait intéressant à vérifier…

    J'aime

  2. A t’on un historique de l’évolution de cette perception négative des vaccins en France ? J’ai tendance à pensez que le point de départ de ce manque de confiance de masse (ne parlons pas ici des noyaux durs anti-vacciniste) est la mauvaise gestion médiatique du H1N1, mais je peux me tromper et ça serait intéressant à vérifier…

    J'aime

    • Bonjour,

      Je ne me hâterais pas de relayer cette étude car son résultat, concernant la France, peut sembler étonnant. De plus les détails méthodologiques sont minimes (http://www.wingia.com/web/files/richeditor/filemanager/Methosheet_Global.pdf), alors que la manière dont un sondage est conduit importe beaucoup. L’Inpes, en 2014, trouvait que 80% des personnes interrogées (échantillon de 15 000 personnes, contre 1 000 pour l’étude) étaient favorables à la vaccination : http://inpes.santepubliquefrance.fr/70000/cp/15/cp150416-vaccination-2015.asp
      Alors la formulation n’est pas la même que l’étude publiée dans EBioMedicine, mais il semble peu cohérent d’une part de considérer les vaccins comme « unsafe » et de l’autre d’y être favorables.

      La dernière fois que j’ai vu un tel pourcentage de défiance vis-à-vis des vaccins en France, c’était justement au moment de H1N1 où 38,2% des personnes interrogées n’étaient pas favorables à la vaccination en général (dont la moitié l’étaient à cause de H1N1) : http://www.asset-scienceinsociety.eu/sites/default/files/att_vacc_france.pdf
      Donc oui H1N1 a joué un rôle, mais l’enquête de l’Inpes montre que ce rôle a été de courte durée.

      Si les chiffres trouvés par l’étude de EBioMedicine reflètent la réalité, qu’est-ce qui explique cette défiance spéciale en France et pas en Belgique, en Allemagne ou en Italie ?
      Sachant qu’il s’agit de sondages sur 1000 personnes, la marge d’erreur est d’environ 3 points (avec un intervalle de confiance de 95%). Sauf que des 67 sondages indépendants ont été effectués dans 67 pays. Il est donc hautement probable qu’un de ces sondages (au moins) sorte de son intervalle de confiance. Cela dit, il faudrait sacrément sortir de l’intervalle de confiance pour que le pourcentage obtenu en France atteigne le niveau de nos voisins.

      J'aime

  3. Vous parlez beaucoup du cas du vaccin ROR et de l’étude foireuse et malhonnête de Wakefield, mais en France, je pense que l’origine de la défiance est plutôt le vaccin contre l’hépatite B. C’est seulement en France, à ma connaissance, qu’il a été accusé de provoquer la sclérose en plaques. À cause de ces accusations, et en dépit des informations en sa possession, B. Kouchner, ministre de la Santé, a stoppé le programme de vaccination contre l’hépatite B. Il est difficile de trouver plus grand gage de crédibilité pour tous les fadas du monde.

    Évidemment, quand on combine avec le cas Wakefield, des rumeurs effrayantes à propos des additifs à l’aluminium et la présence de mercure, la défiance est à son maximum en France. Il faut bien admettre que c’est assez terrible.

    J'aime

  4. Vous écrivez : « Le vaccin contre la rougeole a été largement introduit dans les années 80 (il existait déjà avant). [26] Dès ce moment, la maladie a très fortement reculé. »

    Mais les décès dus à la rougeole en France diminuaient fortement bien avant l’introduction en 1980:

    J'aime

  5. Bonjour,

    merci pour cet excellent article.
    peut-on avoir le nom de l’auteur pour vérifier d’éventuels liens?
    Merci d’avance
    dans ce genre d’étude très technique le nom de l’auteur est gage de confiance.
    Cordialement
    Rémi

    J'aime

    • Bonjour,

      merci de l’intérêt que vous avez porté à ce billet.

      De qui souhaitez vous connaître l’identité ? L’auteur de ce billet ? Les auteurs des multiples articles scientifiques cités ?

      Dans ce dernier cas, tous les auteurs sont cités dans la bibliographie, et dans les liens hypertextes de chaque référence bibliograhique.

      J'aime

      • L’auteur de l’article, sale habitude de ma part je googelise assez systématiquement les auteurs qui ont un impact sur mes opinions pour avoir le contexte.
        Ca ne veux pas dire que j’écarte systématiquement, mais que j’essaie de tenir compte des arrières plans.

        J'aime

      • Bonjour Remi,

        les articles sont strictement sourcés afin d’étayer au mieux chaque affirmation. Quel élément factuel vous incite à recherche les arrières plans dont vous supposez de facto l’existence ?

        Hélas, l’auteur de l’article à décidé de rester anonyme, et de fournir toutes les preuves de ce qu’il avance, en se pliant aux corrections nécessaires. Est-ce que connaitre son (mon) identité changerait la nature des faits et des sources présentés et la possibilité de les checker et critiquer ?

        J'aime

    • En fait non, le nom de l’auteur n’a pratiquement aucun intérêt si les affirmations sont soutenues par des données scientifiques de qualité. Même les conflits d’intérêt les plus forts n’ont aucun poids si la qualité méthodologique est sans faille.

      J'aime

      • Bonjour,

        J’ai longtemps pensé ça aussi, mais en fait ce n’est pas corroboré par les études sur le sujet. Les conflits d’intérêt ont bien un rôle indépendamment de la qualité méthodologique.
        Il existe nombre d’études mettant en évidence un biais de financement « funding bias » alors que ces études ne mettent pas nécessairement en évidence de biais méthodologique. Certaines trouvent même que les études avec conflit d’intérêt sont de meilleure qualité !

        Sur le sujet du biais de financement il existe des pelletées d’étude. Pour moi la plus représentative est celle-là : https://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=187551 Il ne faut pas pour autant croire que ce phénomène est restreint au tabagisme. On trouve du biais de financement dans bien d’autres domaines (y compris la santé).
        Sur le sujet de la qualité, cette étude (http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0277953608000361) cite plusieurs articles montrant que les études financées par l’industrie peuvent être de meilleure qualité ou de même qualité, mais identifient néanmoins un biais de financement.

        J'aime

      • Attention, il ne faut pas confondre « les études de l’industrie » en tant que groupe statistique, et « chaque étude de l’industrie » individuellement.

        Par exemple, le biais de publication, qui est le fait de ne publier que les résultats positifs au sens statistique, et garder les autres pour soi, peut affecter le comportement statistique du groupe « les études de l’industrie » mais parallèlement a ça, chacune de ces études prise individuellement est exempte de biais, dans cet exemple.

        C’est l’aspect « chaque étude prise individuellement » dont Sceptom semblait parler. Dans ce cas, un biais ou une erreur est, dans l’immense majorité des cas, visible à la lecture ou à la réplication de l’étude.

        J'aime

      • Bonjour,

        Si j’ai une mutation qui me prédispose à une maladie X, cela signifie que dans le groupe des personnes avec cette mutation, il y a une sur-représentation des malades de X. J’ai donc une probabilité supérieure à la moyenne d’avoir X.

        C’est bien ce cas-là. Avec une étude financée par l’industrie, il existe une probabilité non nulle qu’elle soit biaisée par le financeur. Aucune certitude, nous sommes bien d’accord. Il existe des études financées par l’industrie qui ne sont pas allées dans le sens du financeur (et l’article de Barnes et Bero le montre d’ailleurs, même si elles sont très minoritaires).

        Par ailleurs je réagissais à la phrase « les conflits d’intérêt les plus forts n’ont aucun poids », ce que j’aurais dû préciser, qui ne me semble pas porter sur un cas particulier mais plutôt relever du cas général.

        J'aime

      • Le parallèle avec la mutation n’est pas bon. C’est une explication du résultat – probabilité plus élevée d’avoir X – mais pas la seule. Loin de là.

        Le biais de publication explique très bien lui aussi le phénomène observé, et a l’avantage de ne pas avoir besoin d’une explication ad hoc « elles sont biaisées mais pas magie personne ne le remarque en les lisant ou en replicant leur résultat ».

        Au delà de ça une autre forme de biais de publication, vient du fait que le secteur privé n’investit pas dans lensemble de la recherche. Aussi, il y a nécessairement des résultats qu’il n’obtiendra jamais, ou moins souvent.

        Pour résumer, observer que sur certains sujets l’ensemble de la recherche privée a un certain comportement statistique, ne doit pas être la base d’extrapolations gratuites au sujet desdites publications prises individuellement.

        Enfin si vous faisiez référence àla phrase sur les conflits d’intérêt alors vous êtes carrément hors sujet et en plein non sequitur : les chercheurs du domaine public peuvent avoir – et ont – des conflits d’intérêt, c’est totalement différent de la source de financement des travaux réalisés.

        J’insiste donc : jusqu’à preuve / soupçon important d’un problème, une étude ne peut être disqualifiée ou mise de côté uniquement à cause de l’origine des fonds qui ont permis de la réaliser.

        J'aime

      • Merci Mikael pour ces références intéressantes.

        Mais je ne crois pas qu’elles mettent à mal mon argument, que je dois reformuler car j’ai été manifestement trop vague. Notamment, je parlais effectivement pour une étude prise isolément, pas pour l’ensemble de la littérature industry-sponsored.

        Pour être plus précis: l’existence de conflits d’intérêts (en passant, pas uniquement financiers, les conflits d’intérêt idéologiques sont tout autant concernés) est une bonne raison de regarder plus attentivement, plus scrupuleusement un article scientifique, parce que la probabilité est plus grande qu’il s’y trouve des petites manipulations ou distortions plus ou moins innocentes qui invalident les conclusions. Mais s’il se trouve que la qualité méthodologique est inattaquable, alors le conflit d’intérêt ne peut pas être invoqué pour rejeter les résultats. C’est malheureusement quelque chose qui est souvent mal compris, et on voit régulièrement des « activistes » rejeter telle ou telle étude sur le simple prétexte qu’il existe un conflit d’intérêt (quitte parfois à le supposer sans preuves).

        Je rejoins aussi l’avis de Matt McOtelett sur les explications alternatives par le biais de publication et effet tiroir. Ce sont des facteurs à prendre en compte dans la question du biais de financement.

        J'aime

  6. Merci pour ces éléments intéressants. Pouvez-vous préciser à quoi sert la seconde injection ? On lit des choses contradictoires :
    – qu’elle est indispensable pour immuniser l’enfant,
    – ou qu’elle sert juste à « rattraper » la vaccination si l’immunité n’a pas été acquise la 1ère fois (chez une minorité d’enfants).

    J’ajouterais que les effets secondaires ne sont pas assez expliqués aux patients, et cela peut être source de méfiance. J’ai fait vacciner mon fils il y a quelques mois (ROR). Le lendemain il a fait une terrible crise d’angoisse, des pleurs anormaux, il semblait ne pas nous reconnaître et avait des sortes de spasmes. Le médecin m’a confirmé que c’était un effet secondaire rare du vaccin, indiqué sur la notice, et qu’il avait aussi vécu avec sa fille. N’ayant pas été avertie de ce risque, j’ai paniqué et pas su comment réagir. Une meilleure information pour surveiller l’enfant et savoir réagir me paraîtrait utile. Je suis convaincue de l’utilité des vaccins, mais cette expérience, ça « refroidit »…. j’avoue que j’hésite à l’emmener pour la seconde injection ROR.

    J'aime

  7. […] L’article s’ouvre sur le récit de la mort de la fille de l’écrivain britannique Roald Dhal, rapportée en style direct, de sorte à constituer un appel à l’émotion chez le lecteur. Le drame se déroule en 1962, un an avant l’introduction du vaccin contre la rougeole dont décède l’enfant. Pour un point sur la rougeole, centré sur la France, et recoupant certaines considérations du présent billet, vous pouvez vous reporter à celui-ci. […]

    J'aime

  8. […] Les articles à lire avant de la ramener sont là. (Si vous argumentez sans les avoir lu, je le verrais à vos arguments, et vous serez bloqué. Oui, ici, c’est moi qui décide. Si vous argumentez en fonction de ce qui est dit dans ces articles, je le verrais aussi et le dialogue sera ouvert… parce que non, je ne suis pas un censeur bête et méchant.) https://theierecosmique.com/2015/06/19/vaccins-danger-les-preuves-scientifiques/ https://theierecosmique.com/2016/09/26/vaccins-scandale-francais-rougeole/ […]

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s