[Trad] Message aux enseignants ! Pour une éducation basée sur les preuves

Cet article à été posté par Ben Goldacre sur Bad Science le 15 mars 2013.

NDT : Too Long ; Won’t Read :

– Ben Goldacre a écrit ce billet en 2013 pour la défense d’un enseignement basé sur des preuves au Royaume-Uni.

– Les principes et les situations ici énoncées se transposent assez bien au contexte actuel français de création du Conseil Scientifique de l’Éducation Nationale.

– La pratique basée sur les preuves (EBP – Evidence Based Practice) a été adoptée il y a des décennies en médecine notamment, en rencontrant les mêmes résistances infondées que dans l’éducation à l’heure actuelle. On n’imagine plus aujourd’hui une médecine qui ne soit pas EBP.

– L’EBP a montré sa faisabilité et son utilité dans de nombreux domaines en dépit des mythes, incompréhensions et rejets de principe qui la précèdent.

– Ces mythes reposent sur des allégations pseudo-éthiques et des arguments de la complexité irréductible qui mettraient l’éducation en dehors de toute possibilité de pratique scientifiquement fondée. Il apparait au contraire que l’opposition de principe à l’EBP est contraire à l’éthique, et que l’allégation d’une trop grande difficulté revient à nier la possibilité de réaliser n’importe quelle étude quantitative dans n’importe quel autre domaine.

– Il est urgemment nécessaire de former les enseignants à la culture scientifique (comment on fait la science, comment on sait ce que l’on sait, comment on sait que quelque chose fonctionne) et de créer des structures soutenant des réseaux d’enseignants et de chercheurs engagés dans la recherche scientifique sur l’éducation afin de répondre avec fiabilité aux attentes réelles des praticiens sur le terrain.

J’ajoute à la fin du billet la vidéo d’une discussion entre Roland Goigoux et Franck Ramus sur ce qu’est la recherche scientifique sur l’éducation au delà des épouvantails qui lui sont opposés et son besoin dans le contexte particulier de la France. Vous pourrez également trouver les liens vers deux groupes de discussion Facebook ayant pour thème l’Evidence Based Education et l’enseignement sous l’œil du scepticisme scientifique.  Lire la suite

[Trad] L’effet « backfire », pas si important que ça.

Cet article a été publié par Steven Novella sur Neurologicablog le 4 janvier 2018.

Des recherches ont montré par le passé que lorsque nous étions confrontés à des faits contraires à nos croyances idéologiques, un certain pourcentage d’entre nous allait ignorer ces faits. C’est ce qu’on a appelé l’effet backfire. Cette notion a rapidement été adoptée par les sceptiques scientifiques, car elle semble confirmer notre expérience selon laquelle il est vraiment très difficile de faire changer quelqu’un d’avis.

Cependant, une publication plus récente suggère que l’effet backfire pourrait Lire la suite

[Trad] Changement climatique : encore une étude surinterprétée

Ce billet a été posté par Steven Novella sur le blog Neurologicablog le 21 septembre 2017.

Quoi qu’il arrive, c’est la preuve de la conspiration. Du moins du point de vue d’un conspirationniste.

Mais revenons un peu en arrière. Nous sommes en train de parler de scientifiques qui essaient de comprendre le changement climatique, et plus particulièrement les effets du carbone relâché dans l’atmosphère. Comme on pourra s’en douter, cette question complexe recouvre plusieurs niveaux d’analyse.

Le premier de ces niveaux est plutôt basique : les rayons solaires atteignent la Terre, qui en réfléchit une partie dans l’espace sous forme d’infrarouges. Le CO2 (dioxyde de carbone) présent dans l’atmosphère, réfléchit certains de ces infrarouges vers la Terre, emprisonnant ainsi une partie de la chaleur dans l’atmosphère terrestre. Ce phénomène est communément connu comme l’effet de serre, et le CO2 comme un gaz à effet de serre. En somme, plus il y a de CO2 dans l’atmosphère, plus grand sera l’effet, et plus chaude sera la planète en moyenne. Lire la suite

Tests de radiesthésie : l’échec des expériences de Munich

Ce billet est une traduction de « Testing Dowsing: The Failure of the Munich Experiments » publié par J.T. Enright sur le site du Committee for Skeptical Inquiry.

4000 mots – environ 14 minutes.


L’idée que certains individus ont un don pour trouver de l’eau sous terre grâce à ce qu’on appelle la « radiesthésie » (ou « sourcellerie ») est généralement considérée par les scientifiques comme rien de plus qu’une superstition émanant du Moyen Âge. Aucun mécanisme physique ou physiologique plausible n’a été proposé pour expliquer une telle détection. Néanmoins, le fait que cette pratique ait perduré à travers les siècles jusqu’à aujourd’hui peut pousser les plus ouverts d’esprit à se demander s’il pourrait y avoir quelque vérité derrière le folklore. Après tout, certains éléments de la pharmacopée moderne sont dérivés de remèdes populaires, prouvant que le folklore n’est pas nécessairement pure superstition.

Préparation d’une étude expérimentale

En Allemagne, de nombreux sourciers pensent que les stimuli auxquels ils se disent sensibles (les « rayons E », une prétendue forme de rayonnement inconnue des scientifiques) peuvent être dangereux pour la santé, voire potentiellement cancérigènes. Par conséquent, au milieu des années 80, le gouvernement allemand a réuni un comité pour discuter de la mise en place d’une étude afin d’investiguer la possibilité que la radiesthésie soit un véritable talent. Si les sourciers peuvent effectivement détecter des rayonnements (dangereux ?), peut-être pourraient-ils contribuer à la recherche sur des sujets de santé publique. Lire la suite

Une introduction au stoïcisme (~15 min)

Ce billet est une traduction de « Stoicism 101 » publié sur le blog « How to be a Stoic » tenu par le philosophe des sciences Massimo Pigliucci.

Pourquoi publier la traduction d’un billet de philosophie sur un blog consacré à la science et au scepticisme ? Bien que la morale et l’éthique ne soient pas des questions scientifiques, nous sommes régulièrement confrontés à des choix qui les impliquent. Ces choix moraux et éthiques sont présents à de nombreux niveaux. (Exemple : quand doit-on militer et pourquoi ? Avec qui ? De quelle manière ? etc.). Ces questionnements sont en fait présents dans tous les aspects de notre vie et ils font aussi partie des discussions que nous pouvons avoir entre sceptiques/scientifiques.

Massimo Pigliucci, fondateur du podcast Rationally Speaking, a décidé en 2014 de laisser les clés du podcast à Julia Galef qui le co-animait avec lui pour se consacrer au stoïcisme. Nous sommes nombreux à apprécier Pigliucci de longue date et nous avons donc découvert son travail avec intérêt. Nous pensons qu’il constitue une bonne introduction dans le monde de l’éthique et de la philosophie morale et, qu’à ce titre, ce billet méritait d’être traduit. Il va sans dire que ce n’est qu’un courant parmi d’autres et cette traduction n’a pas pour but de sous-entendre que le stoïcisme est un système philosophique supérieur aux autres ni que c’est celui que nous conseillons de suivre. Par contre, nous pensons que c’est un système intéressant et accessible à tous et qu’il permet de voir plus clair dans ces choix moraux et éthiques qui orientent notre existence (et notre travail sceptique). Lire la suite

Non, les remèdes homéopathiques ne font pas du « détox » de Roundup : une évaluation de la dernière étude de Séralini (~13 min)

Cet article est une traduction de No, homeopathic remedies can’t “detox” you from exposure to Roundup: Examining Séralini’s latest rat study, publié sur le blog The Logic of Science.

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Image de Mark Philpott, partagée grâce à la license Creative Commons

Un des objectifs principaux de ce blog est de donner des outils au grand public pour évaluer les articles scientifiques. J’ai ainsi déjà écrit une série de billets où je dissèque des articles scientifiques et explique en quoi ils sont robustes ou au contraires peu fiables (voir par exemple les billets sur le Splenda, les OGM, les vaccins). Ces billets ont comme double objectif à la fois de faire du debunking de résultats scientifiques douteux mais également d’apprendre aux gens à penser de façon critique. Voici une occasion de revisiter le sujet. La semaine passée, quelqu’un m’a montré une récente étude censée, d’après mon interlocuteur, prouver que le détox est légitime et qu’il existe des remèdes naturels permettant au corps de se débarrasser des toxines. L’étude en question est « Dig1 protects against locomoter and biochemical dysfunctions provoked by Roundup ». Comme vous pouvez sans doute déjà l’imaginer, c’est un article qui n’a rien d’exceptionnel. À vrai dire, il est tellement mauvais qu’il m’a semblé être un excellent candidat pour illustrer toutes les choses auxquelles il faut être vigilant dans la lecture d’un article scientifique. Je vais résumer les points principaux ci-dessous, mais je vous encourage à lire le papier vous-même et tenter de repérer les problèmes qui s’y trouvent avant de continuer votre lecture. Lire la suite

[Trad] Une revue systématique du néant (~9 mins)

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Ce billet est une traduction d’un article publié par Scott Gavura sur le blog Science-Based Medicine. Il y parle d’une revue systématique sur les effets secondaires de l’homéopathie et en profite pour expliquer les principes fondamentaux de cette pratique critiquée.

PubMed contient des infos douteuses, difficiles à trouver si vous ne les cherchez pas, à moins de tomber dessus par inadvertance. Le domaine des médecines alternatives se trouve entièrement compilé là, à côté de la vraie littérature médicale. Dans ce monde à part, l’impossible est accepté comme un fait, et les articles se penchent sur les équivalents médicaux de la question du nombre d’anges pouvant danser sur une tête d’épingle. Ces derniers temps, j’ai préféré éviter d’écrire à propos des pratiques alternatives comme l’homéopathie parce que ce sont de véritables impasses scientifiques. Il n’y a pas de nouvelles données ou de recherches intéressantes à décrire parce que la science est tout simplement absente des débats. La recherche en homéopathie est cependant intéressante en soi lorsqu’on veut comprendre comment des effets placebo peuvent donner l’illusion d’être réels. Mais plus important, ces recherches et études cliniques en homéopathie mettent en évidence les challenges, erreurs et biais qu’on peut rencontrer dans l’évaluation de la vraie médecine. Aujourd’hui, j’ai eu envie de revenir sur une revue systématique récemment publiée, sur les effets secondaires associés à l’homéopathie. Lire la suite