La science du tabagisme et le sophisme de Big Tobacco [Difficulté : facile] (4000 mots / ~25 mins)

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Too long ; Won’t read

  • Les observations savantes et médicales sur la nocivité du tabagisme datent au moins du 17e siècle.
  • Les observations scientifiques sur la nocivité du tabagisme datent du milieu du 19e siècle.
  • Les premières études épidémiologiques établissant une forte corrélation entre tabagisme et différentes maladies, surtout le cancer du poumon datent des années 20.
  • Les premières études de cohortes définitivement conclusives sur la cancérogénicité du tabagisme datent du début des années 50.
  • La stratégie de manipulation médiatique des « marchands de doute » inventée par Hill et Knowlton en 1953 consiste à créer l’illusion d’un faux équilibre et d’une controverse scientifique aux yeux du grand public afin de nier l’existence d’un consensus scientifique.
  • La science sur le tabagisme existe indépendamment et préexiste  aux manipulations des cigarettiers.
  • C’est en réaction au consensus scientifique déjà existant et toujours plus solide que la stratégie des marchands de doute est inventée.
  • L’argument de « Big Tobacco » pour nier l’existence d’un consensus scientifique ou instaurer un faux équilibre est dès lors paradoxalement intenable pour celui qui l’utilise (sur le sujet des OGM par exemple).

De manière assez systématique dans des discussions à propos de faits scientifiques peu admis du grand public, un argument revient en boucle : l’invocation de Big Tobacco. Je vais donc me pencher sur cet argument dans le contexte précis de ces discussions, en commençant par un rapide historique de la science du tabagisme. Lire la suite

Pensée unique : La publication scientifique est-elle interdite aux dissidents ? [Difficulté : facile] (4500 mots / ~20 mins)

Des bactéries, La Main du Créateur, l’homéopathie qui marche, et autres OGM-poisons…

J’ai récemment traduit un billet de Massimo Pigliucci car il parlait de l’accusation de scientisme qui est souvent assénée par des tenants de pseudosciences (ici l’homéopathie) à l’endroit de personnes leur demandant de se conformer aux standards scientifiques de base. Matt McOtelett me faisait remarquer que ce billet était aussi une excellente illustration de l’inanité d’une autre accusation généralement partagée par différents tenants : celle de la publication scientifique aux ordres, verrouillée, interdite d’accès aux chercheurs dissidents vis à vis du consensus scientifique admis.

En effet, lors de n’importe quelle discussion que vous pourrez avoir avec le tenant d’une science alternative, il vous sera retourné qu’on ne peut faire aucune confiance au consensus scientifique, car il ne reflète de toute façon qu’une pensée unique qui ne tolère pas les avis contraires. Bien entendu, selon la croyance des tenants auxquels vous serez confronté, cette pensée unique pourra être diamétralement opposée : un climato-sceptique ? bien entendu que la publication scientifique reflète la pensée unique gaucho-bobo-décroissante du moment ! un anti-OGM ? Bien entendu que la publication scientifique représente la pensée unique ultra-capitalo-scientiste du moment !

Il n’en allait pas autrement dans le billet de M. Pigliucci, où les contradicteurs scientifiques (dont Pigliucci) des homéopathes étaient accusés d’être des scientistes fascistes conformément à la pensée dominante en science. Pour rappel, Pigliucci et Smith ne demandaient qu’une chose : que les critères basiques de scientificité soient appliqués systématiquement en sciences biomédicales, notamment en ce qui concerne l’homéopathie dont ils rappelaient ici que non contente de violer l’éthique, elle besognait aussi salement la méthode scientifique. Lire la suite

[Synth] Sur la viabilité des croyances conspirationnistes [difficulté : facile] (2000 mots / ~12 mins)

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[EDIT  01/02/2016 : quelques jours sont passés depuis cette publication, et des critiques ont pu émerger sur une faiblesse méthodologique de cet article de D. R. Grimes. Vous pouvez lire le court billet de Nicolas Gauvrit à ce propos ici. La critique est hautement pertinente, et je vous invite à vous souvenir avant d’aller plus loin de ne pas faire dire à cette synthèse -non critique- ce qu’elle ne dirait pas. A mon sens, l’erreur méthodologique pointée par N. Gauvrit est contenue dans les limitations évoquées par Grimes, qui rendent de toute façon toute interprétation trop enthousiaste sujette à caution. Je vous suggère néanmoins de lire cet article, au moins pour sa revue bibliographique sur le sujet, sinon pour les bases qu’il jette d’un moyen d’estimer à la louche la plausibilité d’un complot à grande échelle.]

Le 26 janvier 2016 a été publié dans le journal open access et peer-reviewed PLOS ONE un article intitulé « On the Viability of Conspiratorial Beliefs » par David Robert Grimes. Ce billet en est une synthèse.

Introduction

Les croyances conspirationnistes qui attribuent des événements à des manipulations secrètes d’individus puissants sont largement répandues dans la société. La croyance en une théorie du complot particulière est souvent corrélée avec l’adhésion à d’autres de ces théories dont certains aspects sont très ubiquistes chez différents groupes sociaux. Lire la suite

Toc-toc-toc ! « Sarah Connor ? » : OGM, brevets et « gène terminator » [difficulté : facile] (3600 mots / ~20 mins)

Figure 1 Un champ de soja, quelque part.

Too Long ; Won’t Read …

  • OGM et brevetage sont deux choses indépendantes : certaines semences GM sont protégées, d’autres sont libres de droits, ou bien car leur protection a expiré, ou bien car elles ont toujours été open-source
  • Les brevets sur les semences existaient plus de 60 ans avant les OGM
  • Les agriculteurs sont libres d’acheter des semences certifiées ou sous brevet à qui ils veulent
  • Les agriculteurs sont libres d’acheter et conserver des semences libres de droits, OGM ou non
  • COV et brevets ont une durée de vie limitée et finissent toujours dans le domaine public
  • L’argument du brevetage pour justifier une position « anti-OGM » est un sophisme
  • Le « gène terminator » est l’appellation anxiogène donnée par des activistes à plusieurs technologies qui n’ont jamais été commercialisées

Ce billet fonctionne de concert avec l’introduction à la question des brevets écrite par Matt McOtelett. Si vous ne l’avez pas encore lue et que vous souhaitez débroussailler rapidement le sujet afin de le transposer au cas de semences agricoles, je vous conseille vivement de vous y référer. Cliquez là. Si si. Cliquez. .

Nous allons nous intéresser dans ce billet à plusieurs points corrélés les uns aux autres dans la fausse controverse entretenue auprès du grand public à propos des OGM : la propriété intellectuelle sur les semences, le cas précis du brevet sur le « gène terminator », et les mythes entretenus à ce propos.

Au cas où vous ne souhaiteriez pas lire ce billet dans sa totalité, vous pouvez vous limiter à sa première section. Lire la suite

Les OGM alimentaires sont-ils naturels ? [difficulté : facile] (2400 mots / ~15 mins)

Beaucoup de méconnaissances et de véritables inconsistances sont souvent à l’origine du rejet des OGM chez des personnes n’étant pas pour autant dans une posture d’opposition idéologique. Cette opposition repose sur l’idée fausse que les OGM seraient intrinsèquement moins bons, car moins naturels, que les autres produits de l’agriculture. Voici donc une courte introduction aux PGM (Plantes Génétiquement Modifiées), dans le contexte des autres méthodes de production végétale.

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[Trad] Le privilège des blancs ? Les activistes occidentaux vont-ils bloquer l’application de la technologie CRISPR permettant de protéger des millions d’africains contre le paludisme ?

Billet posté sur Genetic Literacy Project par Eva Glasrud et Justin Smith le 9 décembre 2015.

[Note du traducteur : le ton de cet article volontiers incisif n’est pas exactement celui de LTC. Néanmoins, le propos me semble suffisamment important et correct pour le relayer tel quel. Pour débattre fondamentalement avec les auteurs, merci de vous reporter aux contacts mentionnés en toute fin de ce billet]

La technologie CRISPR peut désormais éradiquer une espèce de moustiques vectrice du paludisme en Afrique. Mais les mouvements anti-OGM vont-ils empêcher les scientifiques de sauver des millions de vies chaque année ?


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