[Trad] Scientisme et promotion des sciences

Ce billet est une traduction d’un texte rédigé en anglais par Fallacy Man sur le blog The Logic of Science le 1er août 2018.

Si vous parcourez les commentaires sur ce blog ou la page Facebook associée, ou les réactions à n’importe quelle autre contenu pro-science, vous trouverez rapidement des accusations de « scientisme ». En effet, parmi ceux qui aiment être en désaccord avec les résultats scientifiques, cela semble être devenu un joker qu’ils utilisent pour rejeter tout élément de preuve ou argument qui entre en conflit avec leurs idées préconçues. Les gens semblent penser que le fait de qualifier leur adversaire de scientiste est un substitut valable à la présentation de preuves réelles pour consolider leur position. De plus, au moins dans les cas que j’ai personnellement observés, cette accusation revient souvent à commettre le sophisme de l’homme de paille en caricaturant soit le scientisme, soit les affirmations des défenseurs de la science. Néanmoins, il est très facile d’être négligent dans notre façon de formuler les choses et de faire par inadvertance une déclaration qui a l’apparence du scientisme, même si ce n’était pas l’intention. Par conséquent, je voudrais parler brièvement de ce qu’est et n’est pas le scientisme. Lire la suite

L’effet « Bible-believers ».

rednecks
[niveau : facile] (1350 mots / ~ 6 mins)

Lorsque l’on parle des tenants de théories alternatives, c’est souvent une image caricaturale qui nous vient en tête. Le tenant du complot du 11 septembre ou de diverses croyances de visites extraterrestres incarnera ainsi souvent ce gars à l’air fou et portant un chapeau en papier d’alu sur la tête en vous assurant que « ils » savent tout. De la même façon, un anti-darwiniste se verra facilement incarné par un redneck de la bible-belt états-unienne, prêt à tirer sur quiconque s’approchera un peu trop de son mobile-home, après avoir craché son tabac à chiquer en guise de sommation.

Relativement amusantes, ces représentations n’en demeurent pas moins problématiques en cela qu’elles sont assez insultantes d’une part, mais qu’elles sont par ailleurs bien souvent complètement fausses (ok, pas toujours), sinon totalement contraires à la réalité.

De fait, on croit souvent intuitivement que le niveau d’éducation est systématiquement corrélé à l’acceptation de la démarche et des faits scientifiques, et on arrive ainsi plus ou moins subtilement à la conclusion que les croyances irrationnelles et le rejet de science sont l’apanage des gens les moins instruits et Lire la suite

L’opposition aux OGM du point de vue des sciences cognitives

Cette semaine, l’UE a autorisé l’importation et la commercialisation de produits génétiquement modifiés. Branle-bas de combat chez les opposants.

Il ne s’agira pas dans ce billet de parler des aspects politico-économiques de cette affaire ; une distinction que la majorité bruyante des opposants aux biotechnologies s’échine justement à ne pas faire. Il ne s’agira pas non plus d’aborder les aspects techniques et factuels des biotechnologies ; un domaine que la majorité bruyante des opposants s’échine à ne pas aborder avec rigueur. Il ne s’agira pas non plus de faire œuvre de «  shill », même si, comme il est devenu systématique, j’ai de bonnes raisons de penser que l’accusation me tombera dessus aussi brutalement et gratuitement que le couperet sur la nuque délicate de Marie Antoinette. A propos de cette réelle position sceptique scientifique, je renvoie le lecteur écouter Marc Robinson-Rechavi chez Podcast Science.

Non, en réalité, l’actualité me pousse à revenir sur un article à paraitre en avril dans Trends in Plant Science. Les auteurs, venant des départements de Philosophie et Sciences Morales et de Biotechnologies végétales de l’université de Gand en Belgique, s’interrogent sur les ressorts cognitifs de l’opposition persistante aux OGM dans le grand public.

Les auteurs mettent en lumière quatre points :

  • Le grand public a tendance à se reposer sur un raisonnement intuitif pour porter un jugement sur les OGM
  • Ce raisonnement intuitif inclut une vision naïve de la biologie, téléologique, et basée sur les émotions
  • Les activistes anti-OGM exploitent avec succès ces intuitions pour promouvoir leur cause
  • Les jugements intuitifs écartent le grand public des solutions durables

En effet, l’opposition aux OGM est extrêmement forte, particulièrement en France où toute une niche politique très bien représentée s’est construite sur cette opposition. Mais le lecteur francophone devrait savoir que cette situation peut varier selon les pays. Pourtant, l’opposition aux OGM reste fortement active, et ce dans des environnements culturels extrêmement distants. Ainsi, le gouvernement indien a interdit la culture du Brinjal Bt sous la pression de l’opposition après avoir autorisé sa commercialisation. En Europe, un véritable moratoire s’est abattu sur les biotechnologies conduisant à des standards de régulation extrêmement stricts et couteux concernant l’importation et la culture de produits OGM. En Afrique et en Asie, les conséquences de l’opposition sont pour le moins tragiques et mortifères.

Paradoxalement, le consensus scientifique sur la question, encore une fois, du point de vue strictement technique et factuel, est pour le moins clair. Il a ainsi été proposé que les croyances post-chrétiennes et les nouvelles conceptions romantiques de la nature (ce que j’appellerai les religions New-Age, mais les auteurs n’emploient pas le terme), sont à l’origine de cette rupture. On a aussi pointé le manque de bénéfices immédiats pour le consommateur occidental. Si ces pistes semblent correctes, elles n’expliquent pas encore comment la même opposition semble se produire également dans des cultures non post-chrétiennes et pourquoi le grand public ne rejette pas également toute technologie ne lui apportant pas un bénéfice immédiat, ou encore pourquoi le public préfère-t-il simplement ses conceptions romantiques à la réalité.

Cette rupture patente entre l’opinion publique et le monde scientifique requiert nécessairement une explication, et les auteurs pointent ici du doigt la nature intuitive du raisonnement humain à l’origine de telles méconnaissances des technologies produisant les OGM. Ils soulignent l’implication des raisonnements intuitifs particulièrement forts dans la popularité et la persistance de l’opposition aux OGM. opinions negatives OGM Bien que l’on puisse avoir l’impression d’être totalement maître de ses propres décisions, et que celles-ci sont systématiquement soumises à l’analyse consciente de la situation, la plupart sont en réalité décidées de manière tout à fait intuitive. Ces raisonnements intuitifs, parfaitement normaux et fruits de notre évolution, conduisent à une évaluation directe des risques et des bénéfices auxquels nous sommes apparemment confrontés. Dans le monde auquel le développement de nos sens répond, ces jugements intuitifs conduisent globalement à une bonne évaluation des risques et à notre survie individuelle. Traverser ce torrent furieux à la nage, d’après ce que mes sens me permettent d’appréhender, c’est-à-dire la vision des flots déchainés, le bruit assourdissant des remous, et tout un tas d’autres signaux connexes, me semble une entreprise pour le moins dangereuse. Intuitivement, le bénéfice d’atteindre l’autre rive plus rapidement qu’en faisant un détour de plusieurs kilomètres me semble assez contrebalancé par le risque d’un décès aussi prématuré que désagréable.

Mais la science est souvent contre intuitive. Dans l’observation de l’univers, nos sens se trouvent totalement perdus par l’appréhension de la nature telle que notre espèce n’a pas évolué pour s’y orienter. Notre cerveau ne sait pas appréhender intuitivement l’infiniment grand ou l’infiniment petit. Contrairement au torrent, ce ne sont pas des milieux auxquels nos sens sont adaptés. Fort heureusement, nous disposons d’un deuxième type de raisonnement, réflexif, et qui nous permet de mesurer le poids de différents jeux d’informations de manière consciente. Face à des observations naturellement contre intuitives pour nous, c’est ce type de raisonnement qu’utilisent les scientifiques pour comprendre l’univers de la façon la plus objective possible.

Ainsi, beaucoup de gens ont intuitivement peur des araignées, et très peu ont peur des voitures. Mais objectivement, les voitures sont beaucoup plus dangereuses et mortifères que les araignées. Pour apprécier cela, il faut analyser objectivement des jeux de données qui ne relèvent pas de l’intuition.

La première cause de la popularité et de la persistance de l’opposition aux OGM est bien là : l’activisme en appelle à l’intuition. Ce raisonnement est évidemment séduisant, car il correspond à l’approche la plus directe, simple et compréhensible de l’univers pour l’esprit humain.

La biologie naïve ou populaire est un autre ressort de ce succès. L’esprit humain dispose d’une compréhension intuitive du fonctionnement de la nature. L’un des aspects de cette biologie naïve est l’essentialisme psychologique tendant à la croyance en un cœur invisible et immuable déterminant l’identité des organismes, leur développement et leur comportement. Encore une fois, cela est totalement naturel et fait sens évolutivement. En effet, cette tendance à essentialiser d’autres organismes permet d’appréhender le monde biologique de manière directe et compréhensible. Cette compréhension est encore une fois l’agent de réponses adaptées à un environnement dangereux et à permis aux hommes dans le passé de comprendre intuitivement qu’il valait mieux ne pas croiser la route d’un tigre à dents de sabre. Reconnaître l’essence de ce qui fait un tel prédateur leur a permis d’éviter de se faire manger. Un tel raisonnement présente donc un avantage certain.

Encore une fois, le raisonnement scientifique se trouve être totalement contre intuitif, et ne correspond pas à cet essentialisme populaire. Il est notable de relever ainsi que lors d’une enquête aux USA, plus de la moitié des personnes interrogées ne rejetaient pas l’idée qu’un gène de poisson introduit dans une tomate GM donnerait irrémédiablement le gout de poisson à cette tomate. Dans ce raisonnement essentialiste, l’ADN de poisson, essence de ce qui fait le poisson, doit avoir le gout de poisson. Dans leurs campagnes de communication, les activistes anti-OGM se reposent systématiquement sur cet appel à l’essentialisme à grand renfort de montages photos montrant par exemple des hybrides de tomates et de poissons.

Les auteurs soulignent également la compréhension téléologique de l’univers dans le grand public. Il s’agit de la croyance communément partagée par les religions et les nouvelles conceptions quasiment religieuses de la nature ces dernières années, que l’univers a été créé dans une fin précise. Cette conception de la nature, bien que totalement démystifiée par la biologie évolutive, continue néanmoins d’irriguer nos contemporains qui pensent que les organismes ont été créés tels quels, et que toute modification représente donc une atteinte à un ordre voulu. En ce sens, les OGM sont vus comme n’étant « pas naturels ». Ainsi, qu’ils soient religieux ou sécularisés, les opposants aux OGM accusent souvent les scientifiques de vouloir « jouer à Dieu » ou d’agir « contre la nature ». Ils sont souvent décrits comme des docteurs Frankenstein dont les expériences vont s’échapper et amener l’apocalypse sur Terre.

Un autre trait de l’esprit humain interférant grandement avec l’évaluation objective des risques est l’émotion. Le dégout est ici particulièrement important, car l’opposition semble totalement ignorer les OGM non alimentaires. Ce dégout est probablement le fruit d’une réponse adaptative à l’évitement des pathogènes et poisons alimentaires. Dans le cas des aliments OGM, le dégout provient probablement du sentiment que la modification de l’ADN produit une atteinte à l’essence de l’organisme, le rendant impure et par conséquent impropre à la consommation. L’effet est probablement accru lorsque le gène introduit provient d’une espèce différente ou d’une espèce sous le coup d’un tabou alimentaire culturel. Ainsi, les campagnes anti-OGM présentent des fruits percés de seringues, ou arborant des couleurs inhabituelles, ou prétendent encore que les cultures Bt sont des poisons en passe de contaminer l’environnement. On notera que la bactérie dont provient le gène Bt des cultures OGM est très utilisée et plébiscitée en agriculture biologique, par les mêmes arguant que c’est un poison dans les OGM.

Le glissement vers la condamnation des producteurs et promoteurs des cultures OGM comme étant immoraux voire criminels est devenu central dans l’argumentaire anti-OGM. Il repose sur le dégout moral pour les multinationales accablant les fermiers, les poussant souvent à l’endettement et au suicide.

L’esprit humain n’est pas prédéterminé à croire que les OGM sont des poisons. Cependant, une fois que ces représentations négatives deviennent disponibles et largement diffusées à travers d’intenses campagnes de désinformation par des groupes activistes, ou à cause d’un manque d’opposition scientifiquement informée face à cela, l’esprit humain se trouvera nécessairement hautement réceptif à ces argumentaires séduisant sa façon intuitive de penser, fruit d’un long et efficace processus évolutif.

Il est notable de souligner en vertu des capacités de raisonnement propres à l’esprit humain expliquées supra, que le grand public véritablement inquiet des conséquences sanitaires et environnementales des OGM, peut paradoxalement adopter des stratégies intuitives à l’effet diamétralement opposé à celui recherché en interdisant tout à la fois des technologies promettant des développements agricoles durables et des applications médicales prometteuses.

[Trad] « L’effet Google University »

Article publié par Steven Novella sur Neurologicablog le 6 avril 2015.

Je ne cesse d’être fasciné par l’expérience sociale que nous vivons depuis une dizaine d’années (et si vous êtes entrain de lire cela, c’est que vous faites partie de l’expérience). Internet et les réseaux sociaux ont changé la façon dont nous accédons à l’information et dont nous communiquons. Le schéma pyramidal traditionnel de diffusion de l’information et de l’opinion s’effrite et est remplacé petit à petit par un système inversé de libre accès pour tous.

Je pense que nous sommes encore entrain d’essayer d’entrevoir les conséquences attendues et inattendues de tels changements. L’un de ces effets occasionnellement observé est la propension de certaines personnes à s’attribuer une expertise qu’elles n’ont pas après avoir été capable de faire une « recherche » sur internet. La démocratisation de l’information a conduit à une fausse impression de démocratisation de l’expertise.

Alors que l’accès gratuit à l’information est très répandu, il n’existe pas d’enseignement permettant au public de savoir comment utiliser cette information pour en tirer le meilleur profit et éviter les écueils les plus communs. Les écoles sont généralement dans les choux en ce qui concerne l’enseignement de la gestion de l’information sur le web et beaucoup d’adultes actuels n’étaient déjà plus dans le cursus scolaire avant que les réseaux sociaux n’existent.

Le résultat est « l’effet Jenny McCarthy ». C’est une célébrité qui pense qu’elle peut substituer sa propre opinion de non-expert au consensus solide des experts sur la sécurité et l’efficacité de la vaccination au prétexte qu’elle a fait « ses propres recherches ». Elle est un exemple patent de ce que la recherche d’informations sur le web peut conduire quelqu’un à une confiance infondée dans une opinion non scientifique, et illustre à quel point la « Google University » peut être extrêmement trompeuse. Il y a quelques écueils spécifiques à l’œuvre ici.

Le premier écueil à fait l’objet de la publication récente d’une série d’expériences conduites par Matthew Fisher, doctorant en psychologie cognitive de l’université de Yale. Il a observé spécifiquement la recherche en ligne d’informations et la confiance accordée en nos propres connaissances sur le sujet recherché. Bien entendu, si nous cherchons et lisons des informations sur un sujet, notre confiance dans nos connaissances sur ce sujet augmente. Fisher cependant a essayé de contrôler autant de variables que possible pour détecter un éventuel effet indépendamment de la façon dont cela affectait nos véritables connaissances.

Il a ainsi observé que le public avait une plus grande confiance en ses connaissances même quand il cherchait en ligne sur un sujet plutôt que d’obtenir ces informations directement, quand le sujet ne présentait pas d’informations pertinentes en ligne, quand les informations pertinentes étaient filtrées, ainsi que quand il lisait une information en ligne plutôt qu’en version imprimée. De fait, l’acte de chercher soi même semblait augmenter la confiance du public dans ses propres connaissances.

Ce type d’expérience est évidemment complexe et nous avons besoin de voir des réplications, mais il semble déjà que l’accès à une vaste somme de connaissances que l’on peut passer au crible augmente le degré de confiance que l’on accorde en ses propres connaissances, indépendamment de la pertinence de ces connaissances.

Il me semble qu’il y a d’autres effets à l’œuvre également, comme le biais de confirmation. La recherche internet est une mine d’informations dans laquelle on peut sélectionner (consciemment ou non) celles de ces informations qui confirment ce que l’on croit déjà ou ce que l’on veut croire. Faire une recherche en ligne sur la vaccination donnera des tonnes d’informations soutenant sa sécurité et efficacité, tandis que quantité d’autres informations rabaisseront la vaccination. Pour n’importe quel sujet polémique, le résultat sera le même.

Le biais de confirmation est puissant et dangereux, spécifiquement parce qu’il donne l’illusion que les données soutiennent nos croyances car nous ne percevons pas le point auquel nous avons filtrée et biaisée cette recherche. Internet est un piège à biais de confirmation.

La version extrême de ce phénomène est ce que nous appelons la « caisse de résonnance ». Le filtrage de l’information peut être formalisé en ligne au sein de communautés où une seule perspective est exprimée, et l’information soutenant cette perspective est partagée, alors que l’information opposée est filtrée ou directement contredite. C’est un effet persistant valable aussi bien pour les sites sceptiques et scientifiques que les pseudo-scientifiques.

Un autre problème potentiel est la confusion entre connaissance et expertise. On voit ainsi souvent des personnes potentiellement très intelligentes, avec un gros bagage de connaissances factuelles, qui arrivent cependant à des conclusions absurdes dans lesquelles elles placent un haut degré de confiance. Le problème avec ces foutaises, c’est qu’elles ne s’engagent pas vraiment avec la communauté intellectuelle pertinente.

Il est crucial d’engager la communauté, spécialement pour des domaines de connaissance hautement techniques et complexes. Il peut être très difficile pour un individu de voir la complexité d’un problème sous tous ses angles et de considérer toutes les perspectives. Laissés seuls, nous aurons tendance à nous raconter des histoires satisfaisantes et à devenir de plus en plus confiants dans la véracité de ces histoires. Engager la communauté aura tendance à mettre à l’épreuve ces histoires, conduisant à une compréhension plus profonde et plus nuancée du sujet. C’est là le cœur de la véritable expertise.

Etudier un sujet seul en faisant des recherches internet peut être une fabrique à foutaises en apportant des connaissances factuelles sans réellement les articuler. Dès lors, l’effet caisse de résonnance peut donner l’illusion d’engagement, mais seulement au sein d’une communauté biaisée et non d’une communauté plus large. Le résultat se manifeste par des personnes qui croient erronément à la suffisance de leurs connaissances dans un domaine qu’elles ne comprennent pas vraiment. L’effet Dunning-Kruger frappe également, et ces personnes ne mesurent pas vraiment le gouffre séparant leur compréhension d’un sujet acquise à la Google University, et la profondeur de compréhension des véritables experts.

Conclusion

Internet peut créer une armée de pseudo-experts bien trop confiants en eux-mêmes. Il y a un certain nombre de parades à cela au niveau individuel :

  • L’humilité. Ne pensez pas qu’une petite somme de connaissances fasse de vous un expert. Respectez les opinions des vrais experts. (Vous n’avez pas à être d’accord, mais prenez les au moins au sérieux).
  • Comprenez l’avantage inhérent d’un consensus d’experts plutôt que l’opinion des individus.
  • Lorsque vous faites des recherches sur internet, cherchez également des informations allant à l’encontre de vos croyances ou conclusions actuelles. Essayez de trouver ce que chacun des partis a à dire, et suspendez votre jugement personnel jusqu’à ce que vous pensiez avoir entendu ce que chacun avait à dire.
  • Comprenez que la recherche en ligne est un piège à biais de confirmation. Google lui-même peut biaiser les résultats de votre recherche. Vous devez contourner cela.
  • Comprenez qu’en plus du biais de confirmation, il y a d’autres biais sur internet, comme les caisses de résonnance, la propagande publicitaire et politique, et les informations délibérément déformées pour soutenir une idéologie. Soyez sur vos gardes quant aux fausses informations, et examinez minutieusement une source avant de vous reposer dessus.
  • Comme toujours, il n’y a aucun substitut au scepticisme et à la pensée critique.