La guerre des vaccins : entre peurs et persuasion.

Couverture du journal Science, avril 2017.

[Niveau : facile] (~2200 mots / ~12 mins) Les vaccins sauvent des vies, mais quelle est la meilleure façon de le communiquer aux parents inquiets pour leurs enfants ?

Le volume d’avril 2017 de la revue scientifique américaine Science comporte un dossier sur les vaccins, non pas sous l’angle de l’infectiologie, mais sous celui du scepticisme, à savoir à l’aune de l’antivaccinisme [1]. On y lit d’ailleurs abondement Paul Offit, sceptique bien connu. Les différents articles de ce dossier sont accessibles librement, mais sont bien entendus rédigés en anglais. Ces articles reviennent notamment sur la quantification de l’effet clairement bénéfique de l’introduction vaccinale illustrée par le cas états-unien [2] ; sur quelques mythes antivaccinaux parmi les plus répandus au premier chef desquels ceux portant sur le ROR depuis 1998 et la fraude Wakefield [3] ; sur les risques réels et fantaisistes de la vaccination (massivement favorables à la vaccination) [4] ; et sur la manière de communiquer des informations scientifiquement fondées (aka non anxiogènes) sur la vaccination comme sur d’autres sujets de déni scientifique (changement climatique, OGM, darwinisme…) [5].

C’est sur cette dernière partie, par Kai Kupferschmidt, que nous allons revenir ici en la synthétisant pour le public non anglophone et en y ajoutant quelques informations marginales. Lire la suite

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Vaccins : un scandale français ? Le dossier rougeole. [Difficulté : moyenne] (2000 mots – 12 mins)

le-nabot

Too Long ; Won’t Read …

  • Les populations qui bénéficient le mieux et depuis le plus longtemps de la vaccination sont celles qui s’en méfient le plus
  • La vaccination est très efficace
  • La vaccination est extrêmement sûre
  • La vaccination permet de sauver des millions de vies chaque année
  • Le rôle des communautés non vaccinées est moteur dans les flambées épidémiques actuelles empêchant l’élimination des certaines maladies comme la rougeole

Il y a quelques jours a été publiée une étude dans le journal EBioMedecine à propos de la vaccination. Cette étude portait sur la perception de la vaccination, en termes d’efficacité, de sécurité, et de compatibilité avec les croyances religieuses des personnes interrogées, auprès d’un large public de répartition mondiale (plus de 65 000 personnes dans 67 pays). [1]

Les résultats de cette étude sont extrêmement instructifs. Et édifiants.

Il est possible de les résumer ainsi :

  • Globalement, la confiance dans les vaccins est positive
  • Il y a néanmoins une forte variabilité selon les pays et les régions du monde
  • Le Bangladesh, l’Iran et l’Équateur présentent le plus haut niveau de confiance dans l’importance de la vaccination
  • 7 pays sur 10 parmi ceux ayant la plus faible confiance dans la vaccination sont européens
  • Les pays avec le plus haut niveau d’éducation et de bons accès aux soins sont aussi ceux ayant le plus faible taux de confiance dans la vaccination
  • La France est le pays du monde ayant la perception de la vaccination la plus négative, avec 41% de sondés en désaccord avec la proposition « les vaccins sont sûrs » (contre 13% au niveau mondial)

Cette étude, la plus large jamais réalisée en ce sens, met en avant de manière criante la défiance des populations occidentales, en particulier d’Europe de l’Ouest et de la France, à l’égard de la vaccination. Cette défiance est d’autant plus surprenante que ce sont globalement les populations qui ont le plus rapidement et le plus efficacement bénéficié de la vaccination dans l’histoire des avancées médicales. Lire la suite

[Trad] Qui sont ces risques qui sifflent sur nos têtes ? Pesticides, vaccins et autres produits chimiques [difficulté : moyenne] (3000 mots ~ 20 mins)

Penchons nous ensemble sur ces risques dont on entend tant parler dans les médias et à la machine à café.

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Non, cette illustration n’est pas si hors sujet que ça : les risques sont omniprésents et les évaluer, c’est avant tout éviter les écueils des probabilités.

Ce billet est une traduction de l’article de The Logic of Science datant du 7 Mars dernier. Je reviendrai certainement sur la notion de risque et comment elle se traduit dans la réalité dans une future parution,  mais cet article est une première approche très pertinente et claire qu’il m’a semblé intéressant de relayer, sur les conseils avisés de Plasmodioum.

Nous sommes constamment bombardés par les médias d’annonces telles que « une nouvelle étude affirme que la substance X augmente les risques de Y de 100 % » ou encore « faire X double la probabilité d’avoir Y ». Mais que signifient réellement ces nombres ? Nous, en tant qu’humains, sommes très mauvais en ce qui concerne l’évaluation des risques, et la perception qu’on en a les amplifie beaucoup – ou parfois au contraire, les néglige dramatiquement. Une part du problème vient de la manière dont on parle des risques. Lire la suite

Pensée unique : La publication scientifique est-elle interdite aux dissidents ? [Difficulté : facile] (4500 mots / ~20 mins)

Des bactéries, La Main du Créateur, l’homéopathie qui marche, et autres OGM-poisons…

J’ai récemment traduit un billet de Massimo Pigliucci car il parlait de l’accusation de scientisme qui est souvent assénée par des tenants de pseudosciences (ici l’homéopathie) à l’endroit de personnes leur demandant de se conformer aux standards scientifiques de base. Matt McOtelett me faisait remarquer que ce billet était aussi une excellente illustration de l’inanité d’une autre accusation généralement partagée par différents tenants : celle de la publication scientifique aux ordres, verrouillée, interdite d’accès aux chercheurs dissidents vis à vis du consensus scientifique admis.

En effet, lors de n’importe quelle discussion que vous pourrez avoir avec un tenant, que ce soit un internaute lambda qui a vaguement intégré la croyance que les OGM, les pesticides, le gluten et les vaccins, c’est poison, ou un militant violent du milieu associatif, il vous sera retourné qu’on ne peut faire aucune confiance au consensus scientifique, car il ne reflète de toute façon qu’une pensée unique qui ne tolère pas les avis contraires. Bien entendu, selon la croyance des tenants auxquels vous serez confronté, cette pensée unique pourra être diamétralement opposée : un anti-RCA ? bien entendu que la publication scientifique reflète la pensée unique gaucho-bobo-décroissante du moment ! un anti-OGM ? Bien entendu que la publication scientifique représente la pensée unique ultra-capitalo-scientiste du moment !

Il n’en allait pas autrement dans le billet de M. Pigliucci, où les contradicteurs scientifiques (dont Pigliucci) des homéopathes étaient accusés d’être des scientistes fascistes conformément à la pensée dominante en science. Pour rappel, Pigliucci et Smith ne demandaient qu’une chose : que les critères basiques de scientificité soient appliqués systématiquement en sciences biomédicales, notamment en ce qui concerne l’homéopathie dont ils rappelaient ici que non contente de violer l’éthique, elle besognait aussi salement la méthode scientifique. Lire la suite

Comprendre le principe de vaccination [difficulté : facile] (1100 mots / ~ 5 mins)

Figure 1 Une cellule immunitaire vue par microscopie électronique (wikipédia)

Pour comprendre sereinement et de manière éclairée le principe de la vaccination, et ainsi éviter les travers de l’anti-vaccinisme, voici une courte et simple présentation des principes sur lesquels repose la vaccination. Lire la suite

Vaccin anti grippe : la vérité qu’on vous cache !!!! (3700 mots / ~15mins)

BIG PHARMA, INFLUENZA, MERCURE, FORMALDEHYDE, INDUSTRIE, ANTI-GEL, MENSONGES, VERITE, MYTHES, SKEPTIC CORSAIRS, PROPAGANDE !!!!!

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La politique de santé publique traverse une crise de confiance. Soutenu par une défiance grandissante à l’égard des élites, le peuple, dans sa sagesse collective, n’hésite pas à s’emparer des mythes vaccinaux pour mettre à bas la science des technocrates ayant abandonné depuis longtemps le goût du sain et du naturel. Alors que la bataille de la communication semble en très nette défaveur de l’information sérieuse aussi bien dans les médias mainstreams que sur le net en ce qui concerne les sciences, la santé et l’environnement, tentons, sans crier gare, de faire un sort à ces mythes depuis trop longtemps entretenus.

Ci-après, un résumé lapidaire suivi des explications plus détaillées. La liste est tirée du blog Red Wine & Apple Sauce.



Feu !

Mythe 1 : Le vaccin ne marche pas.

Réalité : Si, le vaccin marche. Il réduit les risques de morbi-mortalité liés à la grippe.

Mythe 2 : Vous n’avez pas besoin du vaccin cette année si vous l’avez déjà pris l’année dernière.

Réalité : Vous avez besoin du vaccin chaque année.

Mythe 3 : Le vaccin contre la grippe peut tuer.

Réalité : Aucun décès causé par le vaccin n’a jamais été attesté.

Mythe 4 : La mortalité de la grippe est très exagérée.

Réalité : Rien qu’en France, des milliers de personnes en meurent chaque année.

Mythe 5 : Le vaccin contre la grippe donne la grippe.

Réalité : Le vaccin contre la grippe ne peut pas donner la grippe.

Mythe 6 : Le vaccin contre la grippe contient du formaldéhyde, du mercure et même de l’anti-gel.

Réalité : Les composants du vaccin ne sont pas dangereux.

Mythe 7 : Le vaccin contre la grippe est mauvais pour les femmes enceintes.

Réalité : Non.

Mythe 8 : Le vaccin contre la grippe peut causer Alzheimer.

Réalité : Il n’y a aucun lien entre le vaccin et Alzheimer.

Mythe 9 : Big Pharma se fait des baboules en or massif avec le vaccin.

Réalité : Pour vous ou moi, oui. Pour eux, c’est moins évident.

Mythe 10 : Le vaccin contre la grippe ne marche pas pour les enfants.

Réalité : Si, le vaccin marche pour les enfants. Il réduit leur risque de morbi-mortalité.

Mythe 11 : Le vaccin contre la grippe provoque la pneumonie ou d’autres maladies infectieuses.

Réalité : Non, le vaccin réduit les risques de pneumonie et d’autres maladies.

Mythe 12 : Le vaccin contre la grippe est mauvais pour les enfants.

Réalité : Le vaccin ne présente aucun danger pour les enfants de 6 mois et plus.

Mythe 13 : Le vaccin contre la grippe peut causer des troubles cardio-vasculaires.

Réalité : Non.

Mythe 14 : Le vaccin contre la grippe affaiblit le système immunitaire.

Réalité : Non, il le renforce contre la grippe.

Mythe 15 : Le vaccin cause le syndrome de Guillain Barré.

Réalité : La grippe a plus de chance de provoquer le syndrome que le vaccin.

Mythe 16 : Le vaccin contre la grippe cause des troubles neurologiques.

Réalité : Les risques sont infinitésimaux contrairement aux risques de la grippe.

Mythe 17 : La grippe n’est pas une maladie grave et les gens se remettent facilement.

Réalité : Si, la grippe est une maladie grave.

Mythe 18 : Les gens ne meurent pas de la grippe à moins d’une autre maladie concomitante.

Réalité : Des gens en excellente santé meurent définitivement de la grippe.

Mythe 19 : Le vaccin ne marche pas sur moi, l’année dernière j’étais vacciné et j’ai quand même attrapé la grippe.

Réalité : Le vaccin ne garantit pas que vous n’ayez pas la grippe, mais réduit le risque que vous l’ayez.

Mythe 20 : Les gens allergiques aux œufs ne peuvent pas prendre le vaccin.

Réalité : Si.

Mythe 21 : Si on a la grippe, on peut prendre des antibiotiques.

Réalité : Vous pouvez… sauf que les antibiotiques ne peuvent pas soigner les infections virales (comme la grippe).

Mythe 22 : Je n’ai jamais attrapé la grippe, pas besoin de vaccin.

Réalité : Mais vous n’avez jamais pu prédire l’avenir non plus.

Mythe 23 : Je peux éviter la grippe grâce à une bonne alimentation et une bonne hygiène.

Réalité : Non. Déjà parce que je viens de vous tousser dessus, et ensuite parce qu’une bonne alimentation et une bonne hygiène seules ne peuvent pas prévenir la grippe.

Mythe 24 : Si j’ai la grippe, ça rendra mon système immunitaire plus fort.

Réalité : La grippe épuise votre système immunitaire pendant que vous la combattez et vous risquez de contaminer d’autres personnes.

Mythe 25 : Si j’ai la grippe, je reste enfermé chez moi.

Réalité : Vous pouvez transmettre la grippe sans avoir les symptômes (qui vous indiqueraient de vous enfermez chez vous).

Mythe 26 : Si je n’ai pas été vacciné en Novembre, inutile de le faire.

Réalité : c’est utile pendant toute la saison.

A l’abordage !

Mythe 1 : Le vaccin ne marche pas.

Réalité : Si, le vaccin marche. Il réduit les risques de morbi-mortalité liés à la grippe.

Le vaccin ne marche pas à 100%, ni aucun autre vaccin d’ailleurs : il réduit le risque d’attraper la grippe, mais il ne peut pas l’éliminer. Il y a des tonnes d’études qui le montrent. Cependant, l’efficacité du vaccin varie d’une année à l’autre et le vaccin contre la grippe est l’un des vaccins les moins efficaces comparé par exemple au ROR qui atteint 90% d’efficacité. Il faut signaler que plus des gens se font vacciner, plus le vaccin est efficace en raison de l’immunité de grégaire.

Mythe 2 : Vous n’avez pas besoin du vaccin cette année si vous l’avez déjà pris l’année dernière.

Réalité : Vous avez besoin du vaccin chaque année.

C’est parce que le virus évolue très vite et que les souches en circulation changent tous les ans qu’il faut se faire vacciner tous les ans. Pour comprendre ce mécanisme, un peu de science de l’évolution s’impose. En effet, par divers mécanismes, les souches de virus en circulation dans les populations humaines évoluent à un rythme très élevé, et peuvent ainsi aisément contourner les défenses immunitaires. L’OMS prend en compte ces phénomènes et coordonne la modélisation des souches en circulation pour la saison à venir et émet des recommandations aux compagnies pharmaceutiques qui s’appuient dessus pour développer un nouveau vaccin chaque année.

Même si l’immunité acquise peut durer très longtemps, il est probable que de nouvelles souches ne soient pas couvertes par cette immunité l’année suivante, et il est donc préférable de renouveler son vaccin.

Mythe 3 : Le vaccin contre la grippe peut tuer.

Réalité : Aucun décès causé par le vaccin n’a jamais été attesté.

Il arrive que des décès soient mis sur le compte d’une vaccination. Ce n’est en effet pas totalement impossible, comme dans un cas supposé de réaction allergique à la gélatine. Mais une telle réaction allergique n’arrive que dans 1 cas pour 2 millions de vaccinés, et ce n’est pas nécessairement mortel. Dans de tels cas, la probabilité que le vaccin soit à l’origine de l’effet secondaire est tellement infinitésimale qu’il est impossible d’affirmer que c’est le cas. Par ailleurs, succession n’est pas causalité, et beaucoup des cas rapportés dans le grand public ne sont que des successions d’évènements sur interprétés à l’aune de peurs infondées et de raisonnements invalides.

Mythe 4 : La mortalité de la grippe est très exagérée.

Réalité : Rien qu’en France, des milliers de personnes en meurent chaque année.

En effet, alors qu’environ 1500 à 2000 personnes meurent de la grippe chaque année en France, l’hiver 2014-2015 a été particulièrement dur avec plus de 18 000 décès associés à la grippe saisonnière, dont 90% de victimes de plus de 65 ans.

Aux USA, la saison de grippe 2010-2011 associée à la pneumonie a fait plus de 50 000 morts.

Mythe 5 : Le vaccin contre la grippe donne la grippe.

Réalité : Le vaccin contre la grippe ne peut pas donner la grippe.

Le vaccin est inactivé. Ce n’est tout simplement pas possible, de la même façon que manger un œuf au plat ne peut pas vous faire accoucher d’un poussin. Le vaccin atténué en spray nasal ne peut pas non plus causer la grippe. Il est théoriquement possible de transmettre la grippe avec le vaccin vivant, mais aucun cas sérieux n’a jamais été rapporté en ce sens.

Mythe 6 : Le vaccin contre la grippe contient du formaldéhyde, du mercure et même de l’anti-gel.

Réalité : Les composants du vaccin ne sont pas dangereux.

Le vaccin-seringue et le vaccin spray ne contiennent pas de mercure. Le vaccin multi-dose contient un conservateur, le thiomersal, qui se décompose en ethylmercure et est utilisé pour prévenir la pollution bactérienne du vaccin. L’ethylmercure (à ne pas confondre avec le methylmercure qu’on trouve dans le poisson) est fait de plus grosses molécules qui ne peuvent entrer en contact avec le cerveau et sont évacuées par le corps rapidement. Le thiomersal n’est pas dangereux dans le vaccin, il est présent dans les vaccins du monde entier et a largement été étudié notamment au regard de l’effet cumulatif chez les enfants sur plusieurs années.

Le formaldéhyde est utilisé dans plusieurs vaccins en quantités microscopiques pour inactiver le virus de sorte à ce qu’il ne cause pas la maladie. Le formaldéhyde se trouve naturellement présent dans les fruits et légumes en quantités très supérieures à celles utilisées dans les vaccins. Par ailleurs, le corps humain produit naturellement du formaldéhyde également pour répondre à certaines fonctions. Là encore, le volume de formaldéhyde circulant naturellement dans le sang est bien plus important que celui contenu dans une seule dose de vaccin.

La mythe de l’anti-gel vient de la présence d’octylphénol ethoxylate dans certains vaccins, ce qui doit ressembler pour certains au polyethylene glycol qui lui est un composant de l’anti-gel, mais pas l’anti-gel lui-même, de la même manière que l’eau est également un composant de l’anti-gel. Quoi qu’il en soit, le polyethylene glycol ne se trouve pas dans les vaccins. L’octylphenol ethoxylate lui est utilisé pour fractionner le virus, et est inoffensif.

Mythe 7 : Le vaccin contre la grippe est mauvais pour les femmes enceintes.

Réalité : Non.

Le vaccin inactivé avec ou sans thiomersal est inoffensif pour les femmes enceintes. Le thiomersal sort du corps rapidement et ne cause pas de problèmes de développement, de troubles neuropsychologiques ou de quelconque trouble au fœtus, à court ou à long terme.

Mythe 8 : Le vaccin contre la grippe peut causer Alzheimer.

Réalité : Il n’y a aucun lien entre le vaccin et Alzheimer.

Le mythe a été lancé par un tenant de pseudomédecine, Hugh Fudenberg, sans aucune preuve de ses allégations. Certains pointent l’aluminium comme cause d’Alzheimer dans les vaccins antigrippaux. Le seul problème est que rien ne permet d’affirmer que l’aluminium cause Alzheimer en l’état actuel des connaissances

Mythe 9 : Big Pharma se fait des baboules en or massif avec le vaccin.

Réalité : Pour vous ou moi, oui. Pour eux, c’est moins évident.

En effet, les revenus générés par les vaccins sont ridicules dans l’activité des compagnies pharmaceutiques. Certes elles ne les fabriqueraient pas si ils n’étaient pas rentables, mais cette marge est ridicule. Par ailleurs, le profit généré sur un produit de santé n’est pas un argument suffisant pour alléguer la nocivité ou l’inutilité du produit. Les compagnies pharmaceutiques suivent les recommandations des agences de santé intergouvernementales comme l’OMS. Les compagnies pharmaceutiques gagnent beaucoup, beaucoup, beaucoup plus d’argent grâce aux médicaments pour les maladies chroniques. En 2013, les trois compagnies principales pour la fabrication du vaccin contre la grippe (Sanofi-Pasteur, GSK, et Novartis) ont généré environ 3,1 milliards de dollars grâce à ce vaccin, soit 0,3% de leurs revenus.

Mythe 10 : Le vaccin contre la grippe ne marche pas pour les enfants.

Réalité : Si, le vaccin marche pour les enfants. Il réduit leur risque de morbi-mortalité.

Les différents vaccins ont une efficacité variable, notamment en fonction des classes d’âges. On peut voir par exemple que le vaccin vivant est plus efficace chez les enfants de 2 à 7 ans, jusqu’à 83%, c’est-à-dire que 16% des enfants non vaccinés auront la grippe contre 3,4% de vaccinés. Ces observations peuvent conduire à l’indication d’un vaccin plutôt qu’un autre pour cette classe d’âge en particulier. Ca ne veut pas dire que la vaccination ne fonctionne pas chez les enfants.

Une revue de l’Institut Cochrane a mis en évidence le peu de données existantes en ce qui concernait les enfants de 6 mois à 2 ans, mais de nouvelles études dans le NEJM et The Lancet ont depuis été publiées et montrent l’efficacité du vaccin dans cette classe d’âge. Le CDC relève une étude ayant montré une efficacité de 66% chez les enfants de 6 mois à 3 ans. Une autre montre une bonne réponse immunitaire au vaccin parmi les enfants. Une autre encore se focalise sur les enfants de 9 mois à 3 ans, et montre que seulement 4% des enfants vaccinés avant l’âge de 2 ans attrapent la grippe contre 12% des non vaccinés, soient 66% d’efficacité.

Mythe 11 : Le vaccin contre la grippe provoque la pneumonie ou d’autres maladies infectieuses.

Réalité : Non, le vaccin réduit les risques de pneumonie et d’autres maladies.

C’est surprenant comme mythe, car attraper la grippe va simplement affaiblir votre système immunitaire et le rendre plus exposé à d’autres maladies. Mais plus surprenant encore, la pneumonie est justement l’une des complications les plus communes de la grippe, de sorte que la vaccination réduise en réalité le risque de pneumonie, une cause principale de mortalité chez les malades de la grippe.

Mythe 12 : Le vaccin contre la grippe est mauvais pour les enfants.

Réalité : Le vaccin ne présente aucun danger pour les enfants de 6 mois et plus.

Il n’y a aucune preuve que les vaccins puissent altérer le développement des enfants. En effet, la rumeur veut que le vaccin endommage la structure neurovasculaire des enfants durant son développement. Sauf que celle-ci est formée in utero et est déjà fonctionnelle à la naissance au regard de ce qui peut passer ou ne pas passer dans le cerveau. Des chercheurs ont en effet montré en 2010 que la barrière hémato-encéphalique qui sert à réguler le milieu dans le cerveau est développée dès avant la naissance, rendant hautement improbable la possibilité pour un vaccin de traverser cette barrière.

Mythe 13 : Le vaccin contre la grippe peut causer des troubles cardio-vasculaires.

Réalité : Non.

Il n’y a aucune preuve de cela, et au contraire, on a montré que les vaccins réduisaient le risque d’attaques cardiaques et autres événements cardiovasculaires.

Mythe 14 : Le vaccin contre la grippe affaiblit le système immunitaire.

Réalité : Non, il le renforce contre la grippe.

Le vaccin sert à présenter le virus de la grippe au système immunitaire sans vous donner la maladie, de sorte à renforcer le système immunitaire avant qu’il ne rencontre véritablement le virus de la grippe. L’enjeu est bien de renforcer le système immunitaire face à une maladie donnée, et c’est ce qui fait l’efficacité du vaccin.

Mythe 15 : Le vaccin cause le syndrome de Guillain Barré.

Réalité : La grippe a plus de chance de provoquer le syndrome que le vaccin.

Le syndrome de Guillain Barré (SGB) est une maladie auto immune dans la quelle le système immunitaire du malade attaque par erreur son propre tissu nerveux. Cela affecte environ 1 personne sur 100 000. Les causes ne sont pas très bien connues, bien que le SGB ait été relié à certains virus dont celui de la grippe.

Le mythe vient du fait que le vaccin de 1976 contre H1N1 a été corrélé à un plus haut risque de SGB cette année là, avec environ 10 cas supplémentaires pour 1 million de personnes vaccinées. Depuis, le SGB a probablement été le risque le plus étudié de l’histoire en ce qui concerne le vaccin contre la grippe. Une étude s’est penchée sur le risque de SGB chez plus de 30 000 000 (30 millions !)de personnes, et n’a pas trouvé de risque accru de SGB chez les personnes vaccinées. Ainsi basé sur de nombreuses études, on peut conclure qu’en l’état, l’association entre le vaccin contre la grippe et le SGB peut être rejetée.

Mythe 16 : Le vaccin contre la grippe cause des troubles neurologiques.

Réalité : Non.

Il n’y a aucune preuve que le vaccin puisse causer des troubles neurologiques, mais il y a de très bonnes preuves que la grippe elle, le peut. Les enfants avec de tels troubles sont par ailleurs spécialement encouragés à se faire vacciner car ont un risque plus élevé de complications neurologiques causées par la grippe que les autres enfants.

Mythe 17 : La grippe n’est pas une maladie grave et les gens se remettent facilement.

Réalité : Si, la grippe est une maladie grave.

La grippe est une maladie sérieuse. Ces signes sont similaires à ceux d’autres maladies, et de fait, beaucoup de gens les confondent. Des gens chanceux s’en remettent en quelques jours, mais la plupart sont HS pour une semaine ou deux. Les complications peuvent être mortelles, particulièrement chez les enfants. La vaccination contre la grippe sauve littéralement des enfants.

Mythe 18 : Les gens ne meurent pas de la grippe à moins d’une autre maladie concomitante.

Réalité : Des gens en excellente santé meurent définitivement de la grippe.

Des gens meurent de la grippe tous les ans, y compris des enfants sans autres maladies. Par exemple, 43% des enfants morts de la grippe entre 2004 et 2012 n’avaient pas d’autres maladies. Souvent, la grippe peut précipiter la mort sans figurer sur le certificat de décès si le défunt est mort de complications comme la pneumonie.

Mythe 19 : Le vaccin ne marche pas sur moi, l’année dernière j’étais vacciné et j’ai quand même attrapé la grippe.

Réalité : Le vaccin ne garantit pas que vous n’ayez pas la grippe, et réduit le risque que vous l’ayez.

Le vaccin ne garantit pas à 100% que vous n’ayez pas la grippe, mais il limite fortement le risque que vous l’ayez et limite les symptômes si vous l’avez. Il est aussi tout à fait possible que vous attrapiez une souche de grippe non couverte par le vaccin.

Mythe 20 : Les gens allergiques aux œufs ne peuvent pas prendre le vaccin.

Réalité : Si.

D’abord il existe un vaccin sans aucun morceau d’œuf dedans. Ensuite, même pour les gens allergiques, il n’y a pas de risque concernant le vaccin contre la grippe, même si celui-ci peut contenir des protéines d’œufs.

Mythe 21 : Si on a la grippe, on peut prendre des antibiotiques.

Réalité : Vous pouvez… sauf que les antibiotiques ne peuvent pas soigner les infections virales (comme la grippe).

Les antibiotiques agissent contre les bactéries, et la grippe est causée par un virus. Tous les antibiotiques du monde ne vous seront d’aucun secours.

Mythe 22 : Je n’ai jamais attrapé la grippe, pas besoin de vaccin.

Réalité : Mais vous n’avez jamais pu prédire l’avenir non plus.

Vous n’avais jamais eu d’accident de voiture, mais vous mettez quand même votre ceinture de sécurité.

Mythe 23 : Je peux éviter la grippe grâce à une bonne alimentation et une bonne hygiène.

Réalité : Non vous ne pouvez pas. Déjà parce que je viens de vous tousser dessus, et ensuite parce qu’une bonne alimentation et une bonne hygiène seules ne peuvent pas prévenir la grippe.

Le virus de la grippe se transmet dans l’air, ainsi, même si se laver les mains est une chose importante pour réduire le risque infectieux, ça n’empêche pas d’attraper la grippe. Manger sainement est également une bonne chose, et facilite probablement le travail de votre système immunitaire, mais cela ne va pas vous éviter d’être exposé au virus comme par magie.

Mythe 24 : Si j’ai la grippe, ça rendra mon système immunitaire plus fort.

Réalité : La grippe épuise votre système immunitaire pendant que vous la combattez et vous risquez de contaminer d’autres personnes.

En étant malade, votre système immunitaire est affaibli. Votre système immunitaire peut ressortir plus fort d’une infection en cela qu’elle lui aura permis de garder en mémoire cet épisode infectieux et d’y être mieux préparé à l’avenir. Mais l’enjeu du vaccin est d’acquérir cette préparation AVANT d’avoir la maladie. Par ailleurs, la vaccination réduit également le risque que vous rendiez d’autres personnes malades (comme vos enfants), grâce à l’immunité grégaire.

Mythe 25 : Si j’ai la grippe, je reste enfermé chez moi.

Réalité : Vous pouvez transmettre la grippe sans avoir les symptômes (qui vous indiqueraient de vous enfermez chez vous).

Vous pouvez être porteur du virus et le transmettre autour de vous sans le savoir car le virus est contagieux avant l’apparition des symptômes. Par ailleurs, vous pouvez être porteur du virus et rester asymptomatique, et tout de même le transmettre sans le savoir. C’est pour ça qu’il faut se vacciner même si vous pensez que vous n’avez jamais la grippe, car en ne vous souciant ainsi que de votre propre personne, vous pouvez tout de même infecter d’autres personnes et leur causer des complications, notamment les personnes qui ne peuvent pas être vaccinées. C’est tout l’enjeu de l’immunité de groupe.

Mythe 26 : Si je n’ai pas été vacciné en Novembre, inutile de le faire.

Réalité : c’est utile pendant toute la saison.

En effet, la saison dure jusqu’en février / mars, et les vaccins sont généralement disponibles toute la saison. Votre système immunitaire met 2 semaines à mettre en place la protection induite par le vaccin, il n’est donc jamais trop tard.



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Vous avez résisté à la canonnade des faits, à l’assaut de la dissonance cognitive et vous avez tenu assez longtemps pour poser votre regard sur nos vraies couleurs ? Allons, c’est de bonne guerre. Attrapez donc cette main tendue qui vous invite à abandonner la carcasse en flammes de vos croyances infondées, sautez au dessus de la Mer de Bullshit sur laquelle vous naviguez depuis trop longtemps, embarquez sur La Théière, et découvrez le monde merveilleux du scepticisme scientifique.