Une introduction au stoïcisme (~15 min)

Ce billet est une traduction de « Stoicism 101 » publié sur le blog « How to be a Stoic » tenu par le philosophe des sciences Massimo Pigliucci.

Pourquoi publier la traduction d’un billet de philosophie sur un blog consacré à la science et au scepticisme ? Bien que la morale et l’éthique ne soient pas des questions scientifiques, nous sommes régulièrement confrontés à des choix qui les impliquent. Ces choix moraux et éthiques sont présents à de nombreux niveaux. (Exemple : quand doit-on militer et pourquoi ? Avec qui ? De quelle manière ? etc.). Ces questionnements sont en fait présents dans tous les aspects de notre vie et ils font aussi partie des discussions que nous pouvons avoir entre sceptiques/scientifiques.

Massimo Pigliucci, fondateur du podcast Rationally Speaking, a décidé en 2014 de laisser les clés du podcast à Julia Galef qui le co-animait avec lui pour se consacrer au stoïcisme. Nous sommes nombreux à apprécier Pigliucci de longue date et nous avons donc découvert son travail avec intérêt. Nous pensons qu’il constitue une bonne introduction dans le monde de l’éthique et de la philosophie morale et, qu’à ce titre, ce billet méritait d’être traduit. Il va sans dire que ce n’est qu’un courant parmi d’autres et cette traduction n’a pas pour but de sous-entendre que le stoïcisme est un système philosophique supérieur aux autres ni que c’est celui que nous conseillons de suivre. Par contre, nous pensons que c’est un système intéressant et accessible à tous et qu’il permet de voir plus clair dans ces choix moraux et éthiques qui orientent notre existence (et notre travail sceptique). C’est également un système qui, dans sa lecture moderne, implique de tenir compte de la connaissance scientifique actuelle (qui correspond à une des vertus : la Sagesse qui est basée sur la Nature)

Cette traduction a été réalisée par un collectif constitué de Thomas Guiot, Nathanael Colin-Jaeger, Giliane Claire, Antoine Rozier, Yann Rabiller, Julien Maneyrol, Anna Le Marchand et Jérémy Royaux.
N’étant pas traducteurs professionnels, il est évident que le billet n’est pas 100% fidèle à l’original mais nous pensons avoir préservé son contenu tout en prenant quelques libertés au niveau de la traduction. Les différents schémas présents dans le texte ou proposés par Pigliucci (via des liens donnant sur un fichier extérieur) ont également été traduits, n’hésitez donc pas à cliquer sur ceux-ci.


stoic-fireVoici une brève introduction au stoïcisme en tant que philosophie antique gréco-romaine mais aussi en tant que pratique contemporaine.

Si vous êtes intéressé, voici un livret que j’ai écrit via Wikipédia contenant une introduction au stoïcisme (+- 110 pages), un chapitre sur l’éthique des vertus, un autre sur le Logos et une série de paragraphes qui couvrent les principales figures des différentes générations de stoïciens à l’époque antique. Voici également un livret qui décrit l’histoire de la Grèce Antique et de Rome au cas où vous auriez besoin d’informations concernant le cadre historique plus général. Enfin, voici un lexique des termes utilisés par le stoïcisme.

Si vous êtes intéressé par les schémas, vous pouvez consulter ces synthèses graphiques des idées de base du stoïcisme (NdT : tous ces schémas ont été traduits) :


Un peu d’histoire

Le stoïcisme a été fondé par Zénon de Cition (Chypre) aux environs de 301 avant Jésus-Christ et son nom provient du Portique Peint, un marché Athénien où les stoïciens se retrouvaient pour philosopher avec toute personne intéressée. Une seconde figure majeure de la première période du stoïcisme ancien fut Chrysippe à qui il revient d’avoir élaboré la plupart des doctrines stoïciennes. Les premiers stoïciens furent bien sûr influencés par les écoles philosophiques et les penseurs qui les précédaient, notamment Socrate et les cyniques, mais également les académiciens platoniciens et les sceptiques.

La seconde période de l’histoire du stoïcisme voit la philosophie s’introduire à Rome. Cicéron (qui n’était pas lui-même un stoïcien mais plutôt un sympathisant) est une des sources majeures de connaissances historiques des deux premières périodes du stoïcisme. Sans lui, nous n’aurions que des fragments des écrits des stoïciens précédant son époque. La dernière période de l’histoire du stoïcisme se déroule à l’époque de la Rome Impériale. On a retrouvé des écrits assez complets de cette époque, notamment ceux de Gaius Musonius Rufus, Sénèque, Épictète, et Marc Aurèle.

L’avènement du christianisme en tant que religion romaine officielle marque le début du déclin du stoïcisme ainsi que celui de beaucoup d’autres écoles de pensée (comme l’épicurisme). Les idées constitutives du stoïcisme ont malgré tout survécu au travers d’un certain nombre de figures historiques qui avaient été influencées par celles-ci (même si elles étaient parfois critiques vis-à-vis de ces idées). On peut citer par exemple certains des premiers pères de l’Église, Boèce, Thomas d’Aquin, Giordano Bruno, Thomas More, Érasme, Montaigne, Bacon, Descartes, Montesquieu ou encore Spinoza. L’existentialisme moderne et la théologie protestante néo-orthodoxe ont également été influencés par le stoïcisme. De nos jours, cette philosophie vit une véritable renaissance et a profondément influencé des pratiques contemporaines comme la logothérapie et la thérapie cognitive et comportementale. Elle comprend également des points communs avec le bouddhisme et l’humanisme séculier.


16358526_10154273739035382_1336096619_nL’œuf stoïcien

Les stoïciens pensaient que l’éthique (pragmatique) était l’élément le plus important de leur philosophie : il s’agissait de savoir comment mener sa vie de la meilleure manière possible. Cependant, ils croyaient également qu’il est difficile de développer une éthique viable sans deux autres composants : comprendre comment le monde fonctionne, et apprécier la force et les limites du raisonnement humain.

Par conséquent, le stoïcisme comprenait trois domaines d’étude : l’éthique (détaillée plus bas), la « physique », et la « logique ». Par physique, les stoïciens faisaient référence à quelque chose qui correspondrait aujourd’hui à un ensemble englobant les sciences naturelles et la métaphysique, ou ce qu’on appelait autrefois la philosophie naturelle. Bien sûr, une grande part des notions stoïciennes au sujet du monde ont été supplantées par la science moderne, ce qui n’aurait pas surpris les philosophes antiques (ils avaient une conscience aigüe des limites de la connaissance humaine, et un esprit particulièrement ouvert à la remise en question de leurs croyances spécifiques).

Pour donner un bref aperçu, la physique stoïcienne comprenait l’idée que l’univers avait débuté dans un feu cosmique (et finirait de la même manière, pour renaître ensuite). [Le feu stoïcien est représenté par l’emblème en tête de cette page.] Ils croyaient également que le monde était fait de matière, et que la causalité était un phénomène universel, c’est-à-dire que toute chose a une cause. Enfin, l’univers est organisé selon des principes rationnels, le Logos. Ce concept peut être interprété comme Dieu (notamment chez Épictète), mais aussi tout simplement comme l’idée que la Nature est compréhensible grâce à la rationalité (ce qui explique pourquoi on peut l’explorer scientifiquement).

Une idée majeure que les stoïciens ont issu de leur physique est que la vie devrait être vécue « selon la Nature », ce qui peut en retour être interprété comme « en accord avec ce que Zeus (Dieu) a établi », ou simplement vécue selon la raison, en développant à son maximum cette attitude spécifique à l’animal humain. N’étant pas religieux, je penche évidemment pour la dernière interprétation.

Le concept stoïcien de « logique » englobe l’étude de la logique au sens strict où nous l’entendons aujourd’hui, plus la rhétorique, l’épistémologie (c’est-à-dire une théorie de la connaissance), mais également ce que nous appellerions la psychologie et autres sciences sociales du même ordre. Les stoïciens inventèrent un système logique alternatif à celui d’Aristote, largement ignoré tout au long du Moyen Âge et plus tard, jusqu’à vivre un regain d’intérêt suite aux avancées modernes de la logique propositionnelle (dont la variante stoïcienne est une catégorie).

Les stoïciens faisaient la distinction entre l’existence de choses matérielles et abstraites, à l’instar de nombreux philosophes modernes (par exemple, les objets physiques et les concepts mathématiques, respectivement). Ils pensaient que la connaissance pouvait être atteinte par la raison, laquelle est en principe capable de discerner le vrai du faux (ils étaient certainement plus optimistes à ce sujet que leurs contemporains et critiques, les sceptiques). Plus important encore, les stoïciens adoptèrent la croyance très moderne que la connaissance ne pouvait être atteinte que par l’expertise des pairs soumise au jugement collectif (c’est par ailleurs ainsi que fonctionne la science moderne).


L’éthique et la philosophie pratique

Je suppose que la principale raison pour laquelle les gens lisent ceci n’est pas parce qu’ils s’intéressent à la physique ou à la logique stoïcienne – aussi fascinantes soient-elles – mais parce qu’ils veulent en savoir plus sur l’éthique stoïcienne, qui est plus directement liée à leur philosophie pratique. Voyons donc ce qu’il en est.

La première chose à clarifier est la fausse idée que le stoïcisme consiste à supprimer ses émotions et avancer dans la vie avec un flegme imperturbable. Non, Mr Spock n’était pas un stoïcien (malgré le fait que, visiblement, Gene Roddenberry avait imaginé son personnage selon sa propre vision simpliste de ce que devait être un stoïcien).

Les stoïciens enseignaient plutôt la transformation des émotions afin d’atteindre le calme intérieur. Les émotions – peur, colère, amour… – sont des réactions humaines instinctives face à certaines situations, et ne peuvent être évitées. Mais l’esprit réflexif peut se détacher des émotions brutes et décider si l’on doit donner ou non l’assentiment aux émotions en question, c’est-à-dire si elles doivent être appropriées et cultivées ou non.

Pour être plus précis, les stoïciens distinguaient le propathos (réaction instinctive) de l’eupathos (sentiments issus d’un jugement réfléchi), et leur but était d’atteindre l’apatheia, autrement dit la paix de l’esprit, qui résulte d’un jugement éclairé et de la persistance de l’équanimité.

Les stoïciens pensaient qu’une bonne vie (eudaimonia, souvent traduit par « prospérité ») consistait en le fait de cultiver ses vertus morales pour devenir quelqu’un de bien. Les quatre vertus cardinales reconnues par les stoïciens étaient : la sagesse (sophia), le courage (andreia), la justice (dikaiosyne) et la tempérance (sophrosyne).

Une autre idée stoïcienne cruciale, et un corollaire de l’importance de la vertu dans un vie, est la distinction des « indifférents » désirables et indésirables : la richesse, la santé et d’autres biens sont indifférents dans le sens où ils n’affectent pas la valeur morale de quelqu’un (autrement dit, on peut être une personne moralement bonne, que l’on soit riche ou pauvre, vigoureux ou malade). Mais certains indifférents sont utiles à la poursuite de nos objectifs, et sont donc désirables, tandis que d’autres sont des entraves, et sont dès lors considérés comme indésirables. Cela rend la doctrine stoïcienne un peu moins austère que l’image qu’on s’en fait généralement (elle l’est toutefois certainement plus que l’éthique des vertus épicurienne ou aristotélicienne).

Les stoïciens font une distinction tranchée (peut-être trop) entre les choses qui sont en notre pouvoir et celles qui ne le sont pas. La première catégorie comprend essentiellement nos pensées et nos attitudes, alors que la seconde comprend à peu près tout le reste (pour une illustration amusante de cette distinction, vous pouvez regarder ce court extrait du comédien Michael Connell). L’idée était que la paix de l’esprit émerge lorsque l’on ne se concentre que sur ce que nous pouvons contrôler, plutôt que gaspiller son énergie émotionnelle à se focaliser sur ce que l’on ne peut pas contrôler). Que cela ne vous décourage toutefois pas de vous engager dans les affaires humaines. Souvenez-vous, de nombreux stoïciens de premier plan étaient des politiciens, des généraux ou des empereurs, et ils ont certainement dépensé une quantité conséquente d’énergie et de ressources à tenter de changer les choses pour le mieux. Mais ils acceptaient aussi que les choses ne puissent pas aller dans leur sens, et qu’il ne servait à rien de le regretter.

En effet, les stoïciens pensaient leur philosophie comme une philosophie de l’amour, et ils cultivaient activement une attitude de sollicitude, non seulement envers eux-mêmes et leurs proches, mais aussi envers l’humanité en général, jusqu’à la Nature elle-même (voir plus bas). Les philosophes stoïciens étaient intéressés par l’amélioration de la condition humaine, et certains étaient même végétariens.


La pratique stoïcienne

Et nous arrivons enfin au cœur du sujet : comment, précisément, peut-on pratiquer le stoïcisme aujourd’hui ? Il existe de nombreuses pratiques stoïciennes modernes, ou des exercices « spirituels » inspirés par les écrits des anciens. Bien sûr, différentes combinaisons fonctionnent pour différentes personnes, mais les suivantes sont celles que je pratique régulièrement :

* Méditation matinale : dès que je me lève, je cherche un endroit calme, doucement éclairé, dans mon appartement. Je m’installe confortablement et je passe en revue mentalement les défis potentiels qui se présenteront à moi dans la journée, me remémorant quelles vertus cardinales pourront être appelées en réponse à ces défis.

* Le matin également, je choisis une de mes citations favorites provenant des anciens (un inventaire mis à jour régulièrement peut être trouvé ici), je la lis plusieurs fois et je médite dessus pour m’en inspirer.

16244294_10154273739030382_289741242_n* Le cercle de Hiéroclès : il s’agit d’un exercice de visualisation durant lequel vous commencez par penser à votre propre personne, puis à faire croître mentalement votre cercle d’intérêt (voir l’image) jusqu’à votre famille, vos amis, vos voisins, puis progressivement à l’humanité entière, et enfin la nature elle-même. C’est une façon de vous rappeler que le reste du monde est tout aussi important que vous l’êtes, et qu’être concerné par celui-ci devrait devenir une habitude.

* La vue du dessus : une fois encore, visualisez-vous mentalement, et cette fois effectuez un « zoom arrière », afin de voir votre ville d’en haut, puis votre pays, votre planète, le système solaire, puis le groupe d’étoiles le comprenant, la Voie Lactée, puis l’amas de galaxies le plus proche, et enfin le cosmos tout entier. L’idée ici est de remettre votre personne en perspective : ce qui vous arrive au sein d’un grain de poussière flottant dans l’univers n’est après tout pas si important…

* Premeditatio malorum : cet exercice consiste à visualiser (et non pas juste décrire verbalement) un malheur qui pourrait vous arriver, dans le but de dépasser votre peur de cet événement et de mieux vous y préparer s’il finit par se concrétiser. Cette visualisation précise pourrait être une chose aussi simple qu’anticiper votre irritation face à la foule dans le métro (ou face aux autres conducteurs sur la route), jusqu’à l’avènement de votre propre mort (je recommande de laisser cet exercice pour plus tard, quand vous serez plus à l’aise avec votre stoïcisme, et de vous y exercer seulement de temps en temps – ça peut être déconcertant). Cet exercice est similaire à ceux conçus en thérapie cognitive et comportementale pour dépasser ses peurs et ses angoisses.

* Méditation de pleine conscience à propos de ses choix (moraux) : cela doit être fait au quotidien, et il s’agit d’une pleine conscience de type stoïcienne, différente de la version Bouddhiste par exemple. Les stoïciens nous ont appris à vivre « hic et nunc », ici et maintenant : en prêtant attention à ce que nous faisons, en atteignant ce que certains psychologues modernes appellent le « flow » de nos actions. Cependant, un des aspects cruciaux de cette pleine conscience consiste à prêter attention au fait que nos choix, même ceux les plus triviaux en apparence, comportent très souvent un questionnement profondément éthique. Vous devriez en prendre conscience et faire vos choix en fonction de leur vertu.

* Méditation du soir (journal intime philosophique) : avant d’aller au lit, faites l’inverse de la méditation du matin, en traversant les événements importants de la journée et en vous posant les trois questions d’Épictète : Qu’ai-je fait correctement ? Qu’ai-je fait de mal ? Quel devoir n’a pas été accompli ? Pour mener à bien cet exercice il peut être utile d’écrire un journal intime philosophique, dans le style de Marc Aurèle (mais qui n’a pas pour but d’être publié !). L’idée derrière cet exercice est d’apprendre des événements qui se sont produits dans la journée, de mettre votre esprit au clair et d’aller dormir l’esprit en paix.


Quelques stoïciens célèbres

zenoZénon de Cition (334 – 262 av. J.-C.) est originaire de Cition, aujourd’hui Chypre, et a peut-être des origines phéniciennes. Zénon est le premier fondateur de l’école stoïcienne de philosophie, où il enseigne à Athènes aux alentours de 300 av. J.-C.. Fondé sur les principes moraux des cyniques, le stoïcisme a mis principalement l’accent sur la bonté et la tranquillité d’esprit, acquises grâce à une vie vertueuse en accord avec la Nature. Il eut beaucoup de succès et s’est répandu comme philosophie prédominante de l’époque hellénistique jusqu’à l’ère romaine.

200px-chrysippos_bm_1846Chrysippe de Soles (279 – 206 av. J.-C.) est un philosophe stoïcien grec. Il est né à Soles, en Cilicie, mais se rend à Athènes alors qu’il est encore jeune, où il devient un disciple de Cléanthe au Portique. Lorsque Cléanthe meurt, aux alentours de -230, Chrysippe devient le troisième dirigeant de l’École. Écrivain prolifique, Chrysippe étendit les doctrines fondamentales de Zénon de Cition, le fondateur de l’École, ce qui lui fit gagner le titre de Second Fondateur du stoïcisme.

220px-marcus_porcius_catoCaton d’Utique, dit communément Caton le jeune (95 – 46 av. J.-C.), pour le distinguer de son grand-père (Caton l’Ancien), est un politicien et homme d’état de la fin de la République Romaine, ainsi qu’un partisan du stoïcisme. En illustre orateur on se souvient de lui pour sa ténacité et son obstination (tout particulièrement lors de son très long conflit l’opposant à Jules César), aussi bien que pour son refus de toute corruption, son intégrité morale, et son dégoût notoire pour la décadence qui caractérise cette période.

elisabetta_sirani_-_portia_wounding_her_thighPorcie « de Caton » (70 – 43 av. J.-C.), en latin Porcia Catonis, « Porcie la fille de Caton », connue plus généralement en français comme Porcie, est une femme romaine qui a vécu au premier siècle avant notre ère. Elle est la fille de Caton d’Utique et de sa première femme, Atilia. Elle est connue avant tout comme la seconde femme de Brutus, le plus fameux des assassins de Jules César, ainsi que pour son suicide, réputé pour avoir été commis en avalant des charbons ardents.

seneca-and-socratesSénèque (4 av. J.-C. – 65 apr. J.-C.), en latin Lucius Annaeus Seneca, est un stoïcien romain, philosophe, homme d’État, dramaturge, humoriste d’une pièce, de l’Âge d’or de la littérature latine. Il fut le tuteur et plus tard le conseiller de l’empereur Néron. Alors qu’il fut forcé de se suicider pour complicité présumée dans la conjuration de Pison, qui visait à assassiner l’empereur, il était peut-être innocent. Son père est Sénèque l’Ancien, son frère aîné est Lucius Junius Gallio Annaeanus, appelé Gallio dans la Bible, et son neveu est le poète Lucan.

ft3f59n8b0_00149Gaius Musonius Rufus est un philosophe stoïcien romain du premier siècle de notre ère. Il enseigna la philosophie à Rome durant le règne de Néron. En conséquence de cela il fut exilé en l’an 65 de notre ère, ne revenant à Rome que sous Galba. Il est autorisé à rester à Rome lorsque Vespasien bannit tous les philosophes de la cité en 71 de notre ère, mais finit par être banni tout de même, ne retournant à Rome qu’après la mort de Vespasien. Un recueil de ses cours est toujours accessible. Il est aussi connu pour être le professeur d’Épictète.

epictetus-2Épictète (55 – 135) est un philosophe stoïcien d’origine grecque. Il est né comme esclave à Hiérapolis, en Phrygie (aujourd’hui Pamukkale en Turquie), et vécut à Rome jusqu’à son bannissement, après quoi il alla à Nicopolis dans le nord-ouest de la Grèce pour le reste de sa vie. Ses enseignements furent retranscrits et publiés par son élève Arrian dans ses Discours. Épictète enseigne que la philosophie est une manière de vivre et pas uniquement une discipline théorique. Pour Épictète, tous les évènements extérieurs sont déterminés par le destin et sont ainsi au-delà de tout contrôle possible de notre part ; nous devons alors accepter tout ce qui arrive d’une manière calme et dépassionnée. Cependant, les individus sont responsables de leurs propres actions, qu’ils peuvent examiner et contrôler grâce à une maîtrise de soi rigoureuse.

MarcusMarc Aurèle (en latin Marcus Aurelius Antoninus Augustus ; 26 avril 121 – 17 mars 180) est l’empereur de Rome de 161 à 180. Il gouverne avec Lucius Verus en tant que co-empereur jusqu’à la mort de Verus en 169. Il est le dernier des « Cinq bons Empereurs », et est aussi considéré comme l’un des plus importants stoïciens. Les Pensées pour moi-même de Marc Aurèle, rédigées en grec en pleine campagne militaire entre 170 et 180, sont toujours considérées comme un monument littéraire pour la philosophie du service et du devoir. Le texte décrit la façon de trouver et de préserver l’équanimité en plein conflit en suivant la nature comme principe de conduite et d’inspiration.

Ce qui précède, encore une fois, est une introduction très succincte et nécessairement incomplète. Il y a un certain nombre de très bons sites et livres dédiés à tous les aspects du stoïcisme. Si le sujet vous intéresse, vous pouvez regarder les autres ressources listées sur les autres pages de ce blog.

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2 commentaires sur “Une introduction au stoïcisme (~15 min)

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