[Trad] Changement climatique : encore une étude surinterprétée

Ce billet a été posté par Steven Novella sur le blog Neurologicablog le 21 septembre 2017.

Quoi qu’il arrive, c’est la preuve de la conspiration. Du moins du point de vue d’un conspirationniste.

Mais revenons un peu en arrière. Nous sommes en train de parler de scientifiques qui essaient de comprendre le changement climatique, et plus particulièrement les effets du carbone relâché dans l’atmosphère. Comme on pourra s’en douter, cette question complexe recouvre plusieurs niveaux d’analyse.

Le premier de ces niveaux est plutôt basique : les rayons solaires atteignent la Terre, qui en réfléchit une partie dans l’espace sous forme d’infrarouges. Le CO2 (dioxyde de carbone) présent dans l’atmosphère, réfléchit certains de ces infrarouges vers la Terre, emprisonnant ainsi une partie de la chaleur dans l’atmosphère terrestre. Ce phénomène est communément connu comme l’effet de serre, et le CO2 comme un gaz à effet de serre. En somme, plus il y a de CO2 dans l’atmosphère, plus grand sera l’effet, et plus chaude sera la planète en moyenne. Lire la suite

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Glyphosate : une désinformation que vous avalez dès le matin

désinformation

L’info est tombée aujourd’hui : nos céréales matinales ainsi que plusieurs légumineuses sèches seraient envahies par le glyphosate. Le rapport Glypho 2 de Générations Futures d’où sort le scoop est repris rapidement à la radio, sur 2 chaînes TV d’information en continu et 15 journaux et magazines dont 4 au niveau national franco-belge.
Doit-on avoir peur du petit déjeuner ? A-t-on empoisonné nos enfants et nos proches pendant tout ce temps ? Non.

Avons-nous déjà employé quasiment mot pour mot cette introduction l’année dernière ? Bien entendu, oui. Et on ne va pas s’arrêter là.

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Le Hussard sur le toit

Plaidoyer pour le courage de la raison.

Image tirée du film « Le Hussard sur le toit », 1995

Alors qu’il vient de rejoindre Manosque après bien des aventures, le colonel de hussards, Angelo Pardi, se trouve face à des convives qui le fuient. L’air terrifié, ils reculent au fur et à mesure qu’il avance vers eux. Tournant autour de la table qui les séparent, dans la salle à manger où ils se trouvent, les personnages exhortent le héro de ne pas aller plus loin. Face à leur terreur, le jeune officier lance : « n’ayez pas peur ! c’est la peur qui tue ! ». Lire la suite

La guerre des vaccins : entre peurs et persuasion.

Couverture du journal Science, avril 2017.

[Niveau : facile] (~2200 mots / ~12 mins) Les vaccins sauvent des vies, mais quelle est la meilleure façon de le communiquer aux parents inquiets pour leurs enfants ?

Le volume d’avril 2017 de la revue scientifique américaine Science comporte un dossier sur les vaccins, non pas sous l’angle de l’infectiologie, mais sous celui du scepticisme, à savoir à l’aune de l’antivaccinisme [1]. On y lit d’ailleurs abondement Paul Offit, sceptique bien connu. Les différents articles de ce dossier sont accessibles librement, mais sont bien entendus rédigés en anglais. Ces articles reviennent notamment sur la quantification de l’effet clairement bénéfique de l’introduction vaccinale illustrée par le cas états-unien [2] ; sur quelques mythes antivaccinaux parmi les plus répandus au premier chef desquels ceux portant sur le ROR depuis 1998 et la fraude Wakefield [3] ; sur les risques réels et fantaisistes de la vaccination (massivement favorables à la vaccination) [4] ; et sur la manière de communiquer des informations scientifiquement fondées (aka non anxiogènes) sur la vaccination comme sur d’autres sujets de déni scientifique (changement climatique, OGM, darwinisme…) [5].

C’est sur cette dernière partie, par Kai Kupferschmidt, que nous allons revenir ici en la synthétisant pour le public non anglophone et en y ajoutant quelques informations marginales. Lire la suite

Tests de radiesthésie : l’échec des expériences de Munich

Ce billet est une traduction de « Testing Dowsing: The Failure of the Munich Experiments » publié par J.T. Enright sur le site du Committee for Skeptical Inquiry.

4000 mots – environ 14 minutes.


L’idée que certains individus ont un don pour trouver de l’eau sous terre grâce à ce qu’on appelle la « radiesthésie » (ou « sourcellerie ») est généralement considérée par les scientifiques comme rien de plus qu’une superstition émanant du Moyen Âge. Aucun mécanisme physique ou physiologique plausible n’a été proposé pour expliquer une telle détection. Néanmoins, le fait que cette pratique ait perduré à travers les siècles jusqu’à aujourd’hui peut pousser les plus ouverts d’esprit à se demander s’il pourrait y avoir quelque vérité derrière le folklore. Après tout, certains éléments de la pharmacopée moderne sont dérivés de remèdes populaires, prouvant que le folklore n’est pas nécessairement pure superstition.

Préparation d’une étude expérimentale

En Allemagne, de nombreux sourciers pensent que les stimuli auxquels ils se disent sensibles (les « rayons E », une prétendue forme de rayonnement inconnue des scientifiques) peuvent être dangereux pour la santé, voire potentiellement cancérigènes. Par conséquent, au milieu des années 80, le gouvernement allemand a réuni un comité pour discuter de la mise en place d’une étude afin d’investiguer la possibilité que la radiesthésie soit un véritable talent. Si les sourciers peuvent effectivement détecter des rayonnements (dangereux ?), peut-être pourraient-ils contribuer à la recherche sur des sujets de santé publique. Lire la suite

L’effet « Bible-believers ».

rednecks
[niveau : facile] (1350 mots / ~ 6 mins)

Lorsque l’on parle des tenants de théories alternatives, c’est souvent une image caricaturale qui nous vient en tête. Le tenant du complot du 11 septembre ou de diverses croyances de visites extraterrestres incarnera ainsi souvent ce gars à l’air fou et portant un chapeau en papier d’alu sur la tête en vous assurant que « ils » savent tout. De la même façon, un anti-darwiniste se verra facilement incarné par un redneck de la bible-belt états-unienne, prêt à tirer sur quiconque s’approchera un peu trop de son mobile-home, après avoir craché son tabac à chiquer en guise de sommation.

Relativement amusantes, ces représentations n’en demeurent pas moins problématiques en cela qu’elles sont assez insultantes d’une part, mais qu’elles sont par ailleurs bien souvent complètement fausses (ok, pas toujours), sinon totalement contraires à la réalité.

De fait, on croit souvent intuitivement que le niveau d’éducation est systématiquement corrélé à l’acceptation de la démarche et des faits scientifiques, et on arrive ainsi plus ou moins subtilement à la conclusion que les croyances irrationnelles et le rejet de science sont l’apanage des gens les moins instruits et Lire la suite

Une introduction au stoïcisme (~15 min)

Ce billet est une traduction de « Stoicism 101 » publié sur le blog « How to be a Stoic » tenu par le philosophe des sciences Massimo Pigliucci.

Pourquoi publier la traduction d’un billet de philosophie sur un blog consacré à la science et au scepticisme ? Bien que la morale et l’éthique ne soient pas des questions scientifiques, nous sommes régulièrement confrontés à des choix qui les impliquent. Ces choix moraux et éthiques sont présents à de nombreux niveaux. (Exemple : quand doit-on militer et pourquoi ? Avec qui ? De quelle manière ? etc.). Ces questionnements sont en fait présents dans tous les aspects de notre vie et ils font aussi partie des discussions que nous pouvons avoir entre sceptiques/scientifiques.

Massimo Pigliucci, fondateur du podcast Rationally Speaking, a décidé en 2014 de laisser les clés du podcast à Julia Galef qui le co-animait avec lui pour se consacrer au stoïcisme. Nous sommes nombreux à apprécier Pigliucci de longue date et nous avons donc découvert son travail avec intérêt. Nous pensons qu’il constitue une bonne introduction dans le monde de l’éthique et de la philosophie morale et, qu’à ce titre, ce billet méritait d’être traduit. Il va sans dire que ce n’est qu’un courant parmi d’autres et cette traduction n’a pas pour but de sous-entendre que le stoïcisme est un système philosophique supérieur aux autres ni que c’est celui que nous conseillons de suivre. Par contre, nous pensons que c’est un système intéressant et accessible à tous et qu’il permet de voir plus clair dans ces choix moraux et éthiques qui orientent notre existence (et notre travail sceptique). Lire la suite