Revue de blogs – 19 au 25/03/2018 : #FakeMed, apithérapie, rhétorique et OGM Bt.

L’apipuncture consiste à faire de l’acupuncture en utilisant la piqûre d’abeilles vivantes.

Je vous propose un petit tour non exhaustif de la semaine de la blogosphère sceptique. N’hésitez pas à suivre ces blogueurs sur les réseaux, et à dévorer (avec esprit critique) leur contenu. La langue originale des billets est indiquée entre parenthèses.

La Menace Théoriste : FakeMed – Médecines alternatives et sophismes dans les médias. (Français)

Le 18 mars 2018, 124 médecins ont co-signé une tribune dans Le Figaro afin d’alerter sur l’emprise des pseudo-médecines alternatives aussi bien chez nombre de professionnels de santé, mais, comme l’ont confirmé les réactions à cette tribune, également dans les médias.

La réaction probablement la plus emblématique s’est rapidement révélée être celle de Lire la suite

Des nouvelles de la momie Ata

La momie nommée Ata ne mesure qu’une quinzaine de centimètres.

La momie Ata, dont l’aspect sera sans doute familier à qui s’intéresse à la fois aux allégations ufologiques et à l’étude des momies anciennes, aurait été trouvée emballée dans des tissus et une poche de cuir au début des années 2000 dans la ville abandonnée de La Noria, dans le désert d’Atacama au Chili. Fait remarquable et troublant, le spécimen n’était pas plus long qu’un stylo. Le squelette semblait très complet, mais certaines anomalies frappaient immédiatement les observateurs. Il possède en effet 10 côtes au lieu de 12, de très grandes orbites et un crâne allongé verticalement.

En 2013, le spécimen apparait dans le documentaire ufologique Sirius, de Steven Greer. Plus récemment, des scientifiques se sont -à nouveau- penchés dessus. Leurs conclusions, publiées le 22 mars 2018 dans le journal Genome Research [1], ne pointent pas vraiment vers l’hypothèse UFO Lire la suite

[Trad] Message aux enseignants ! Pour une éducation basée sur les preuves

Cet article à été posté par Ben Goldacre sur Bad Science le 15 mars 2013.

NDT : Too Long ; Won’t Read :

– Ben Goldacre a écrit ce billet en 2013 pour la défense d’un enseignement basé sur des preuves au Royaume-Uni.

– Les principes et les situations ici énoncées se transposent assez bien au contexte actuel français de création du Conseil Scientifique de l’Éducation Nationale.

– La pratique basée sur les preuves (EBP – Evidence Based Practice) a été adoptée il y a des décennies en médecine notamment, en rencontrant les mêmes résistances infondées que dans l’éducation à l’heure actuelle. On n’imagine plus aujourd’hui une médecine qui ne soit pas EBP.

– L’EBP a montré sa faisabilité et son utilité dans de nombreux domaines en dépit des mythes, incompréhensions et rejets de principe qui la précèdent.

– Ces mythes reposent sur des allégations pseudo-éthiques et des arguments de la complexité irréductible qui mettraient l’éducation en dehors de toute possibilité de pratique scientifiquement fondée. Il apparait au contraire que l’opposition de principe à l’EBP est contraire à l’éthique, et que l’allégation d’une trop grande difficulté revient à nier la possibilité de réaliser n’importe quelle étude quantitative dans n’importe quel autre domaine.

– Il est urgemment nécessaire de former les enseignants à la culture scientifique (comment on fait la science, comment on sait ce que l’on sait, comment on sait que quelque chose fonctionne) et de créer des structures soutenant des réseaux d’enseignants et de chercheurs engagés dans la recherche scientifique sur l’éducation afin de répondre avec fiabilité aux attentes réelles des praticiens sur le terrain.

J’ajoute à la fin du billet la vidéo d’une discussion entre Roland Goigoux et Franck Ramus sur ce qu’est la recherche scientifique sur l’éducation au delà des épouvantails qui lui sont opposés et son besoin dans le contexte particulier de la France. Vous pourrez également trouver les liens vers deux groupes de discussion Facebook ayant pour thème l’Evidence Based Education et l’enseignement sous l’œil du scepticisme scientifique.  Lire la suite

[Trad] L’effet « backfire », pas si important que ça.

Cet article a été publié par Steven Novella sur Neurologicablog le 4 janvier 2018.

Des recherches ont montré par le passé que lorsque nous étions confrontés à des faits contraires à nos croyances idéologiques, un certain pourcentage d’entre nous allait ignorer ces faits. C’est ce qu’on a appelé l’effet backfire. Cette notion a rapidement été adoptée par les sceptiques scientifiques, car elle semble confirmer notre expérience selon laquelle il est vraiment très difficile de faire changer quelqu’un d’avis.

Cependant, une publication plus récente suggère que l’effet backfire pourrait Lire la suite

Les records de froid et de neige contredisent-ils le réchauffement climatique ?

[Niveau : facile][1300 mots ~2 mins]

Juste aujourd’hui, au moment d’écrire ces quelques lignes, il a neigé plusieurs fois chez moi. Autant ici, c’est une météo assez désespérante de grisaille humide, autant ailleurs, selon mes fils d’actualités, le temps est plutôt au blizzard polaire.

Les esprits curieux auront alors tout à fait raison de se demander comment de tels phénomènes météo peuvent se concilier avec le réchauffement climatique. La question est loin d’être idiote, tant les deux phénomènes semblent opposés, et évidemment, quelques bases scientifiques permettent de mieux les cerner.

Too Long ; Won’t Read :

  • Climat =/= météo
  • Le climat global à la surface de la Terre se réchauffe même si il peut faire très froid localement
  • Le modèle du réchauffement climatique prévoit des épisodes de fortes chutes de neige : c’est en fait logique

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Glyphosate : comment en est-on arrivé là ?


Je fais dans ce billet une traduction synthétique de l’article publié dans la revue open access Journal of Public Health and Emergency (JPHE) en octobre 2017.

J’y ajoute certaines observations marginales. Il s’agit d’un éditorial dont la compréhension est aisée et les notions claires. Je vous invite ainsi à le lire directement en anglais. Dans leur déclaration de conflits d’intérêt, les auteurs affirment n’avoir reçu aucun financement pour la rédaction de cet édito, mais précisent avoir travaillé par le passé sur le glyphosate dans des recherches financées par l’industrie. [1] Ceci étant dit, ils concentrent dans cet article un certain nombre d’éléments absolument fondamentaux pour toute personne estimant avoir une opinion sur le sujet : corpus de données utilisé dans l’évaluation de la substance, principe actif vs. formulations, danger vs. risque, etc.. Ces rappels sont fondamentaux et simples de compréhension, mais force est de constater qu’ils ne semblent pourtant pas dominer le « débat » public. On peut facilement imaginer que si c’était le cas, ce « débat » n’existerait pas, ou du moins, pas dans ces proportions et formes là.

Médias, dénis et réalité

L’accès à l’information est de plus en plus aisé. Les médias sont nombreux, et à ceux d’entre eux qu’on pourrait qualifier de « traditionnels » (presse écrite, radio, télévision) se sont ajoutés les médias en ligne et la diffusion d’informations via les réseaux sociaux. Ce contact avec l’information, indépendamment de sa pertinence ou de sa véracité, permet une bien meilleure appropriation par le public de problématiques relatives à sa santé, ou à l’environnement. Hélas, l’information accrocheuse, sensationnaliste, basée sur l’émotion ou le raisonnement motivé, se trouvent Lire la suite

Docteur Chimique et Mister Synthèse : ce qui est « naturel » est-il « bon » ?


~1500 mots / ~3 mins [difficulté : facile]

Parmi les non-sens scientifiques les plus communément colportés dans les médias, les réseaux et autres conversations courantes, se trouve l’allégation selon laquelle les « produits chimiques » seraient moins bons que les produits dits « naturels ».

De manière toute aussi systématique, faire remarquer l’inanité d’une telle posture entraîne souvent le shift de l’argument vers sa forme « naturel vs. synthétique ». Cette seconde posture est tout aussi bancale. Il est fort probable qu’à l’évocation de cet état de fait, certains défenseurs de cette idée shiftent à nouveau vers la posture « naturel vs. fait par des humains ». Comme vous le devinez aisément, ce critère de démarcation pour déterminer ce qui serait « bon » ou « mauvais », a fortiori pour déterminer que ce qui est « naturel » serait toujours bon par opposition à ce qui ne le serait pas (que ça soit défini comme « chimique », « synthétique », ou « créé par les humains »), n’a aucune pertinence dans aucune de ces configurations. Lire la suite